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Un pyromane nommé Siro, convoqué avec Yodé

Un pyromane nommé Siro, convoqué avec Yodé
Publié le: 2 décembre 2020
Siro est un artiste pyromane

Les artistes Yodé et Siro ont été convoqués à la brigage de recherche de la gendarmerie, ce mercredi 2 décembre 2020 suite aux propos d'une extrême gravité tenus pendant un concert, le week-end dernier à Yopougon. Morceaux choisis : "Allez lui dire qu'il n'est plus Procureur. Il est procureur d'un camp. Allez dire au procureur Adou Richard, allez lui dire qu'un mort est un mort. On ne passe pas son temps à chercher les petits Baoulé dans les villages pendant que les gens sont ici avec les machettes et ils sont bien identifiés (...)". Ces propos sont suffisamment graves pour être relégués aux calendes grecques. Ils sont stigmatisants et peuvent inciter à la révolte. 

Mais avant d'aller plus loin, il convient de rappeler le caractère mensonger desdits propos. En effet, suite aux violences post-électorales, les arrestations opérées par les forces de l'ordre l'ont été sur la base d'enquêtes minitieuses. Dire que ce sont les Baoulé qu'on arrête dans les village est donc faux, d'autant plus que dans le département de Dabou, il y a eu une cinquantaine d'arrestations. Partout où il y a eu les violences, les auteurs ont presque tous été arrêtés. D'où vient-il que Siro tente de banaliser ces arrestations et fait glisser le problème sur le terrain tribal ? En réalité, le binôme de Yodé n'a pas changé de posture. 

En effet, en pleine crise armée de 2003, les habitants de la commune de Treichville avenue 23 Rue 25 barrée ont découvert, stupéfaits, un groupe de jeunes armés de machette qui voulait mettre le feu à une mosquée. "Ce jour-là, aux environs de 19h, venant pour la plupart de Gbatanikro, ces jeunes étaient armés de machettes et d'objets contondants. Certains avaient du feu. Nous nous sommes organisés rapidement pour les empêcher de mettre le feu à notre mosquée. Selon eux, la mosquée abriterait des rebelles. Nous avons été encore plus choqués de découvrir parmi ces jeunes Siro. Nous nous sommes organisés pour les repousser. Depuis ce jour, les jeunes de nos avenues ont juré de lui faire la peau. Siro évite notre quartier", a révélé un témoin de la scène qui a joint Infoplus, après avoir vu les vidéos sur la toile.

Si Yodé assume son appartenance au Front populaire ivoirien (Fpi), Siro, lui, joue à l'hypocrite. Lors de la sortie de son dernier album, il a plaidé auprès de certains cadres du Rhdp pour une aide financière. Il a même tenté de faire passer Yodé, par endroit, comme celui qui n'aimait pas le pouvoir d'Abidjan. 

Pour se défendre, ces deux artistes brandissent des chansons contre les régimes précédents. Pourtant, il y a eu de pires atrocités sous le régime Gbagbo. Nos artistes n'ont retenu que l'aspect détournement. Après avoir chanté pendant les meetings des patriotes à la Haye pendant des années, et après avoir négocié leur retour en Côte d'Ivoire, Yodé et Siro n'ont jamais abandonné le projet d'obtenir, par la chanson, ce que l'opposition n'a obtenu avec les mots d'ordre : l'insurrection. Le pouvoir gagnerait à rappeler à l'ordre ces artistes pyromanes, qui incite à la haine tribale et qui font l'apologie d'une guerre ethnique. 

Jean-Baptiste ASSI