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Raci/ Des révélations sur les rapports distendus entre Kanigui et Guillaume Soro

Raci/ Des révélations sur les rapports distendus entre Kanigui et Guillaume Soro
Publié le: 9 octobre 2020
Des révélations sur les rapports distendus entre Kanigui et Guillaume Soro

AFFAIRE KANIGUI MAMADOU SORO ET LE RACI :: CE QUE J'EN SAIS, ET CE QU'EN DISENT LES TEXTES .

Je me soumets ici à un exercice inattendu et moralement contraignant, comme la vie sait souvent en imposer aux hommes. Et pour cause. J'aurais tout imaginé sauf me voir un jour dans la posture de Procureur de mon patron, de celui que la destinée a bien voulu me faire rencontrer sur les chemins de mes convictions politiques et de mon engagement pour GUILLAUME SORO. M'ayant sur ces chemins investi de sa confiance, je fus, et j'espère continuer d'être un de ses plus proches collaborateurs. Ce faisant, j'ai appris pendant des années de collaboration à l'apprécier pour ses qualités indéniables de leader. Je lui dois d'avoir beaucoup appris en politique, mieux de m'être exercé aux astuces et subtilités de la communication politique dont j'ai la charge au RACI. Mais il est des moments dans la vie où la raison et la conviction t'imposent un devoir d'ingratitude.

De quoi s'agit-il ? En sa qualité de Président du RACI, le Président KANIGUI MAMADOU SORO vient d'être débarqué sur décision du Directoire réuni en urgence, pour trahison. De quoi défrayer la chronique et alimenter le débat politique, chacun y allant de son avis. En ma qualité de Secrétaire général adjoint du Parti en charge de la Communication, mon devoir sera ici de communiquer et de livrer ma part de vérité. J'essaierai de répondre aux interrogations suivantes :

- La faute à lui imputee est-elle avérée ?

- La sanction en découlant est-elle conforme aux textes et exempte de vice de forme ?

- Quelles sont nos attentes ?

Abi-Daman Koné livre des secrets d'une rencontre avec Kanigui Soro
Abi-Daman Koné livre des confidences sur les rapports distendus entre Kanigui et Guillaume Soro 

 

1- La faute imputée est-elle avérée ?

Cette question m'amène à un devoir de témoignage et donc de vérité. Le samedi 3 octobre 2020, le Président KANIGUI, sorti 10 jours plus tôt d'un séjour carcéral de 9 mois, convie à son domicile de la Riviera-Palmeraie qui sert également de permanence du RACI, plus d'une trentaine de cadres du Parti dont votre humble serviteur. À cette rencontre qu'il a voulue fraternelle et familiale, il égrène un chapelet de griefs et de frustrations subies dans la collaboration entre le RACI et GPS, puis entre lui et le Président de GPS et Président d'honneur du RACI GUILLAUME SORO, frustrations sur lesquelles il est revenu largement dans sa vidéo d'explication. Avant de laisser la parole à ses frères et sœurs réunis, il prit soin de déclarer péremptoire, la fin de sa collaboration politique avec GUILLAUME SORO, se proposant de soumettre aux militants, sa volonté d'affranchir le Parti de la tutelle de ce dernier. À la clef, une menace de démissionner en cas de désaveu. Les réactions qui ont suivi (plus d'une vingtaine) lui ont unanimement suggérer de reconsidérer sa position et d'engager un dialogue avec son frère et compagnon de lutte en vue d'aplanir les différents. Telle fut également la proposition de votre serviteur. Hélas rien n'y fit. Il lâcha plus déterminé : "Ma décision est irrevable". Lui-même arrêta alors le mardi comme jour de convocation du Directoire en vue de se prononcer sur sa proposition. Contre toute attente, le dimanche, le Président m'appela pour faire un communiqué reportant à une date non déterminée ledit Directoire, le justifiant par des rumeurs de violence que certains membres du Parti s'apprêteraient à y perpétrer. Sur la décision du Président à mettre fin à sa collaboration avec le Président d'honneur, personnellement ce ne fut pas pour moi une surprise car la veille il m'avait déjà fait l'amabilité de me recevoir à son bureau de la Permanence, en présence de 2 députés et deux autres Secrétaires généraux adjoints pour nous faire part de sa décision. Je ne reviendrai pas sur les détails de cette rencontre car la sagesse nous enseigne qu'en cas de brouille voire de divorce dans un couple, il y a des secrets et intimités à ne jamais exposer sur la place publique. Il faut souligner à toutes fins utiles que s'affranchir du parrainage et du combat de Guillaume Soro, ce à une période préélectorale aussi sensible, c'est à mon avis vider le RACI de sa substance et lui arracher son âme. Mieux la candidature de GUILLAUME SORO a été endossée par l'Assemblée générale constitutive du RACI de février 2018, le transformant en parti politique, puis par le Conclave de février 2019 et les deux Bureaux politiques qui ont suivi. En résumé, remettre en cause la raison de longues années de lutte incessamment réitérée par tous les organes de décisions, venant du garant moral du parti, ce en cette période sensible, n'est autre qu'une trahison, telle qu'appréciée par le Directoire du mardi dernier.

La destitution de Tehfour Koné (1er à droite) a accéléré la destitution de Soro Kanigui (à gche)
La destitution de Tehfour Koné (1er à droite) a accéléré le putsch contre Kanigui Soro 

 

À préciser que 24 heures plus tôt, le Président, sous restriction judiciaire, et donc interdit de tout acte politique, a cependant par un acte politique délégué son pouvoir à un Vice-president à l'effet de destituer l'honorable TEHFOUR KONE, lui aussi Viceprésident, ce qui se révèle un grossier vice de forme. Pour le remplacer, une ancienne Viceprésidente qui avait démissionné il y a belle lurette pour selon certaines langues se mettre à l'abri de représailles du Pouvoir. Son retour signifie-t-il que militer au RACI ne comporte plus de risque de menaces du pouvoir ? En tout cas, quand il m'a saisi aux fins de publication de ladite nomination, c'est avec le coeur meurtri que je me vis désobéir pour la première fois au Président. Je lui ai alors signifie qu'au lieu de nominations qui pourraient jeter de l'huile sur le feu, il était plutôt indiqué d'apporter des clarifications aux rumeurs qui ne cessaient d'enfler sur son éventuel départ au RHDP. Les militants étant désemparés et nous pressant de questions. C'est alors que pour justifier ces nominations, il évoqua une dissidence en préparation. Et pourtant à sa sortie de prison, TEHFOUR KONE a réitéré son attachement sans faille au Président Guillaume Soro, l'âme et la raison du combat.

2- La sanction est-elle conforme aux textes du Parti et exempte de vice de forme ? Entre autres raisons avancées pour contester la régularité de la destitution, l'on avance un prétendue vice de forme, niant au Directoire tout pouvoir de le faire. On évoque notamment la convocation d'un congrès à cet effet. Savent-ils seulement que le mandat du Président KANIGUI n'a pas l'onction du Congrès comme le prévoit les textes, mais qu'il est plutôt dépositaire d'un pouvoir à lui conféré par un quitus du même Directoire dans l'attente de la convocation du 1er Congrès ordinaire qui n'a pas encore été tenu ? En outre, à l'article 14 du règlement intérieur précisant les attributions du Congrès il est énoncé clairement à l'alinéa 7 que le Congrès statue sur tous les cas d'exclusion et prend acte de toute démission. En ce qui concerne les autres sanctions contre le militant dont celle touchant le Président, la procédure est clairement définie au Chapitre 9 intitulé PROCÉDURE DISCIPLINAIRE et à l'article 81 portant MODALITÉS D'APPLICATION DES SANCTIONS. Cet article précise bien que l'initiative de la sanction est prise par le Directoire du Parti.

3-Quelles sont nos attentes ?

Le Président KANIGUI, qui n'a pas été radié mais demis de ses fonctions par l'organe qui lui en a donné quitus à titre transitoire, peut s'il fait droit aux suggestions des militants de renoncer à sa volonté de zapper le Président d'honneur, son Patron, frère et compagnon de longue date, retrouver logiquement son fauteuil qu'il a mérité, nous en convenons tous, par un travail acharné et une intelligence politique indéniable. Notre rêve, est de voir ce tandem bien assorti continuer à galvaniser les troupes en vue de l'atteinte de l'objectif commun. Nous cadres et militants du RACI n'en seront que fiers et galvanisés.

Abi-Daman KONE, Secrétaire général adjoint du Raci chargé de la communication