Bédié est mal placé pour parler de rattrapage

La fausse question du rattrapage ethnique a signé son retour dans le débat politique. Mais pendant que Bédié et tous les opposants crient au loup et parlent de chasse aux sorcières, leurs protégés continuent d’occuper des postes stratégiques dans l’administration publique ou les entreprises étatiques. L’Expression a décidé de ‘‘casser le papo’’ et de révéler la vérité aux Ivoiriens.

La Côte d’Ivoire est un pays merveilleux. Et ceci, au sens propre comme au figuré. Si les Ivoiriens ont cette réputation de pouvoir tourner en dérision des situations critiques pour en supporter le choc, dans le domaine politique, il existe également des acteurs qui ont la capacité et la possibilité de considérer comme l’œuvre du diable des faits et situations qu’ils ont défendus et applaudis hier. Tel est le cas sur le débat malsain et nauséabond qui s’est à nouveau invité au devant de la scène sur la question de l’occupation des hauts postes dans l’administration.

Aujourd’hui, pour les tenants de l’opposition, toutes tendances confondues, anciens comme nouveaux, pour occuper un haut poste dans l’administration, il faut d’abord montrer sa carte de RHDP ou appartenir à la sphère familiale du chef de l’Etat. Mais de quoi parlent au juste Henri Konan Bédié, Guillaume Soro et les militants de la Refondation ? Critiquer et manger sans bruit…

Le but de cet exercice n’est nullement d’exposer des cadres qui travaillent pour leur pays. Cependant, il y a des vérités et des faits, quand ils ne sont pas sus, peuvent contribuer à faire prospérer certains mensonges. Si ce ne sont pas des militants, souvent extrémistes des partis de l’opposition qui occupent des postes stratégiques, ce sont des épouses, filles, nièces, cousins, neveux et beaux parents de ces mêmes opposants qui accusent Ouattara de rattrapage qui sont aux meilleurs postes.

Quid de la famille de Bédié 

Sur la question, le cas des proches du président Henri Konan Bédié qui ‘‘mangent’’ sans bruit malgré les attaques de leur père est le plus ahurissant. Son fils Jean Luc est toujours conseiller spécial à la Primature. Sa fille Lucette Bédié est DGA de la Société des Palaces de Cocody (SPDC). Mais ce qui choque ici le bon sens, c’est que la même fille de Bédié est cumulativement DGA de la SPDC et DG de l’hôtel de la Paix de Daoukro. Et ça, quand il s’agit de proches de Bédié, c’est normal et personne n’ose en parler. Toujours parmi les proches de Bédié qui occupent de hauts postes, l’on peut aussi citer son beau frère Guy Koizan qui dirige la banque étatique Versus Bank. Au niveau de la PETROCI, le PCA Gnagni Daniel qui milite ouvertement pour le PDCI-Daoukro travaille sans être inquiété malgré les attaques de Bédié. Quand ce sont des proches et des membres de la famille Bédié, c’est normal. Mais quand ce sont des cadres proches du président Alassane Ouattara, c’est un scandale. De toute cette hérésie politique, ce qui choque encore le bon sens, c’est le cas de la GESTOCI, société étatique qui a été clouée au pilori à la nomination d’une proche du président de la République.

Ces militants Fpi qui contrôlent la Gestoci 

Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est que malgré le changement de régime, ce sont des pro-Gbagbo, irréductibles devant l’Eternel, qui occupent les postes stratégiques et qui font la pluie et le beau temps au sein de cette entreprise. Le cas le plus ahurissant est celui d’Eulogne Eba, tout puissant Conseiller spécial du DG. Selon les informations en notre possession, c’est ce dernier qui place ses hommes à tous les postes juteux de cette entreprise. Dans cette dynamique, il a placé, Richard Mollé, fils d’un dignitaire du FPI, Mollé Mollé, au très stratégique poste de chef du département exploitation de la GESTOCI. A ces deux s’ajoutent le Directeur des ressources humaines, Kpan Marc et le chef du service financier Serges Abissa. Ce dernier est un poulain de l’ancien ministre Augustin Kouadio Comoé. Mais, fait curieux c’est sous Ouattara qu’il a été bombardé chef du service financier. A ces intouchables s’ajoutent Konaté Mamery qui est du COJEP et Ehivet Jean qui est le neveu de Simone Gbagbo. Si Ouattara avait érigé le rattrapage en mode de gouvernement, comment pouvait-il laisser ces cadres pro-Gbagbo faire la pluie et le beau temps dans cette grosse entreprise ? A la vérité, ce sont les pro-Gbagbo qui contrôlent la GESTOCI.

Voici la vraie raison du lynchage politico-médiatique quand Nina Keita a été nommée DGA. Dans les régies financières, des épouses et cadres du FPI, partisans du ‘‘Gbagbo Ou Rien’’ sont aussi aux affaires. L’aversion de Justin Koné Katinan pour Ouattara et son régime n’est un secret pour personne. Et pourtant, son épouse, une ancienne employée de NESTLE Côte d’Ivoire est au Trésor. Elle est même fondée de pouvoir d’une des principales paieries du pays. Quand Ouattara est arrivé, il n’a pas aussi chassé la fille de Gbagbo que son père a nommé de façon discrétionnaire comme haut cadre de cette régie financière (Le Trésor). Koua Paul, un autre cadre du FPI qui a battu campagne au premier et au deuxième tour Gbagbo a été promu DGA des Impôts par Alassane Ouattara. Au regard de tous ces faits, d’où vient-il que l’on accuse Ouattara de faire de la chasse aux sorcières aux cadres de l’opposition ?

Quand l’ignorance et la mauvaise foi se croisent….

Dans un premier temps, ces critiques frisent la mauvaise foi et l’ignorance. Quand on est élu, on l’est sur la base d’un programme de gouvernement qui a été adoubé par les populations. Et c’est le bilan ou l’exécution de ce programme de gouvernement qui sera le principal critère d’évaluation des populations au terme du mandat. Pour l’atteinte de ces objectifs, même si l’on doit travailler avec toutes les compétences du pays, d’où qu’elles viennent, on ne peut pas cependant se faire hara-kiri en plaçant, en pleine connaissance de cause à des hauts postes, des hommes dont la première mission est de saboter l’action gouvernementale. Dans les démocraties les plus avancées, c’est une pratique qui est de rigueur, c’est pourquoi aux Etats Unis, l’on parle d’administration Trump, Obama ou Bush. Cette pratique américaine appelée « Spoil system » consiste pour chaque président, dans l’exécution de son mandat, à remplacer les responsables clés des administrations par des personnalités dont la loyauté est acquise à son pouvoir. C’est aussi pourquoi jusque là, aux Etats Unis, le président Donald Trump, au regard de ce critère clé de loyauté, n’hésite pas à dégommer les grands patrons de son administration qui ne partagent plus la même vision que lui. Au nom de ce même principe, le mois dernier, en France, le président Emmanuel Macron a demandé que les hauts cadres de l’administration centrale en désaccord avec sa politique soient systématiquement remplacés.

Ici en Côte d’Ivoire, quand Ouattara remplace de hauts cadres comme Méité Sindou, Allah Kouadio Remi, Denis Kah Zion, Issiaka Fofana etc qui le combattent chaque jour et qui travaillent pour sa chute, il se trouve des gens pour crier au loup. Et quand un cadre proche du cercle présidentiel est nommé, sans présumer de ses compétences ou de son niveau de formation, l’on trouve que c’est le scandale du siècle. Et pourtant des cas où des proches de principaux dirigeants ont occupé des postes stratégiques existent et sont parfois cités en exemple par ces mêmes négateurs des évidences. Aux Etats Unis, Robert Kennedy frère cadet de John Kennedy a été ministre de la justice dans le gouvernement de son grand frère. En France, Jean Christophe Mitterrand, a été le conseiller Afrique de son père François Mitterrand. Claudine Chirac a été également conseillère en communication de son père Jacques Chirac. En Côte d’Ivoire, il faut donc que l’on arrête de crier au loup quand des cadres proches du couple présidentiel qui ont les compétences requises sont nommés. Il faut donc arrêter le débat malsain de rattrapage et chasse aux sorcières. Pour certains, la politique est l’art de la roublardise, mais souvent on peut faire preuve d’un minimum de lucidité et de bonne foi.

Source : L’Expression

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