Le secrétaire exécutif en chef du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), Pr. Maurice Kakou Guikahué se plaît à rappeler aux militants de son parti qu'ils sont la première force politique du pays. Peut-être que Guikahué et ses mandants ont un autre baromètre de mesure de leur popularité. Sinon, la popularité d'un parti ou d'une organisation politique se mesure au nombre de sièges raflés pendant les élections locales. Sur ce coup, il est bon de lui faire une petite piqûre de rappel. Le Pdci a obtenu, pour les élections locales aux députations, 67 élus sur 255 sièges, soit 26,27%. Pour les municipales, il a eu 67 élus sur 202, soit 24,75%. Sur les 99 sièges de sénateurs, il n'a eu que 18 élus, soit 18,18% et aux conseils régionaux, le Pdci n'a obtenu que 6 sièges sur 31, soit 19,35%. La moyenne des taux cumulés oscille autour de 25%. Les élections législatives et sénatoriales peuvent biaiser légèrement les calculs d'autant plus que pour les députations, les candidats ont été parrainés par le Rhdp. Quant aux sénatoriales, le président de la République, Alassane Ouattara, a nommé des sénateurs. Tout compte fait, les municipales et régionales sont les élections qui déterminent le vrai poids électoral. Or, justement, en ce qui concerne ces deux élections, le vieux parti ne fait pas bonne figure. 6 régions sur les 31 que compte la Côte d'Ivoire et pour les municipales, 67 sièges sur 202. Quand on a des performances (?) aussi exécrables, on se la joue modeste.

Les bastions du Pdci se sont aménuisés. Hormis le V Baoulé où l'influence du vieux parti est encore perceptible, le Pdci est quasiment inexistant. Pour se donner du tonus, il organise des meetings où le nombre de militants est excessivement surévalué. Récemment, le président de ce parti a annoncé plus d'un million de militants à la place Jean-Paul II de Yamoussoukro là où la ville elle-même en termes de population n'excède pas 250.000 habitants et la place ne pouvant contenir 100.000 selon des experts. Manifestement, le Pdci vit toujours des gloires de son passé et son leader, Henri Konan Bédié semble se vautrer dans le sable de ses illusions. C'est Lambert Amon Tanoh, vice-président du Pdci qui a raison quand il interpellait Guikahué sur l'immobilisme du parti. Il dit avoir dit à Guikahué que le Pdci ne marche pas. Sous-entendu qu'il est en train de mourir.

Même la coalition mise en place par Bédié censée contrebalancer le poids du Rhdp est un nain hypophysaire, pour emprunter l'expression à Bédié lui-même. Hormis le Pdci, les parti qui la composent ne valent que par leurs présidents. Bédié a fondé un autre Pdci, sans ajouter de plus value à son parti. Guikahué gagnerait à modérer ses positions et à redescendre sur terre, au risque de conduire son mentor dans le décor.

Reine MELEDJE

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