Rien ne présageait cette situation. Les choses sont tellement allées si vite. Lundi 23 décembre 2019, Soro embarque dans un jet privé pour Abidjan. À une heure de l'atterrissage, il est informé d'un important dispositif de sécurité au sol. Ses lieutenants l'appellent et l'avertissent  de son arrestation imminente. Il panique et dévie le vol sur le Ghana. Il se pose sur le tarmac de l'aéroport d'Accra où il espère descendre, le temps d'y voir plus clair. Refus des autorités ghanéennes. Soro tente de trouver un asile dans d'autres pays africains, en vain. Finalement, il décolle pour les îles Canaris où il atterrit tard dans la nuit. Mardi il rejoint dans la soirée Paris. 

Mercredi 25 décembre 2019. Des informations fuitent sur l'acquisition frauduleuse de sa célèbre résidence de Marcory. Cette demeure luxueuse est saisie. On apprend plus tard que la résidence de Cocody Riviera est saisie. Les policiers prennent possession des lieux. L'immeuble face au stade Félix Houphouët Boigny, à quelques encablure de l'ambassade du Nigéria en Côte d'Ivoire est sous séquestre, apprend-on. Les domiciles de ses proches sont pris d'assaut et passés au peigne fin. À Dabakala, certaines résidences de ses collaborateurs sont bouclées. C'est la descente aux enfers. 

À Paris, les choses semblent s'accélérer. Le mandat d'arrêt international atterrit dans les bureaux d'Interpol de Lyon. Il sera analysé et s'il est jugé recevable, l'alerte sera donnée dans tous les aéroports du monde qui ont signé une convention avec Interpol. 

En Côte d'Ivoire, les arrestations se poursuivent. Une vingtaine de pro-Soro est appréhendée et déférée à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca). Les cyberactivistes proches de Soro ont quasiment disparu. Des informations font état de ce que leur Qg a été démantelé. 

Soro n'a pas attendu longtemps pour réagir. Par la voix de l'ancienne ministre de la Communication, Affoussia Bamba Lamine, il a tenté maladroitement de se défendre en accusant le président de la République, Alassane Ouattara. Il prétend que, lui, Soro a agi en 2002 pour le compte du président Ouattara. Sans plus. Concernant les malversations sur sa résidence de Marcory, il soutient que Ouattara a bénéficié des fonds du trésor ivoirien au moment où lui Soro était Premier ministre. Diversion.

Ce jeudi 26 décembre dans l'après-midi, le Procureur Adou Richard anime une conférence de presse. L'objectif est de faire le grand déballage sur les méfaits de Guillaume Soro. Des écoutes téléphoniques seront déballés dans lesquelles il projette un coup contre la Côte d'Ivoire. 

Il faut dire que le rapport de force est inégal. C'est la débandade dans le camp Soro. Le chef de l'État est déterminé à couper toutes les têtes qui ont trempé dans l'affaire qualifiée du coup d'État de Noël. C'est l'empire Soro qui s'écroule. 

Désormais reclus à Paris dans l'attente d'une éventuelle extradition, Soro est mal barré. D'autres plaintes pourraient surgir et la Cour pénale internationale (Cpi) qui a presque bouclé ses enquêtes sur les crimes de 2002 pourrait entrer en scène. 

Avec ce qui arrive, c'est l'avenir de l'ancien chef rebelle qui est compromis. Coupé de tout soutien, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, Soro pourrait se retrouver à l'étroit avec une marge de manœuvre quasi nulle. C'est son destin politique qui se joue. C'est clair que les prochains jours pourraient être cauchemardesques pour celui qui a pourtant tout eu pendant la rébellion et sous le président Ouattara. Quel triste sort pour Soro ! Une belle carrière sacrifiée sur l'autel des ambitions mal contenues. 

Reine MELEDJE 

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