Maurice Bandaman

Le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire, Bandama Maurice s’inquiète du retour des discours à relents xénophobes. Il pointe notamment les récentes déclarations du président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié. Pour lui, en effet, ces propos rappellent la triste époque où le concept d’ivoirité a semé la désolation dans en Côte d’Ivoire.

Dans une tribune, diffusée par voie de presse, le vendredi 23 août 2019, revient donc sur le passé peu glorieux de l’ivoirité avec pour intention de prévenir contre les dangers que fait peser sur la Côte d’Ivoire, la résurgence du discours dit ivoiritaire.

« Et c’est le président Henri Konan Bédié qui invite l’ivoirité aux noces politiques », rappelle l’écrivain et ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie. Et cela, renchérit-t-il, « à des fins de confiscation du pouvoir ». Au passage, Bandama Maurice souligne que ce concept a bien un lien avec l’étranger, en ce que elui-ci est perçu comme une menace pour l’Ivoirien.

Il note que ce sont des universitaires qui ont levé le voile sur le contenu xénophobe dont l’ivoirité a été chargé. Et de citer cet extrait d’un article de l’historien Jean-Noël Loukou, publié dans l’ouvrage « L’ivoirité ou l’esprit du nouveau contrat social du président Henri Konan Bédié » : « L’ivoirité est, selon nous, une exigence de souveraineté, d’identité, de créativité. Le peuple ivoirien doit d’abord affirmer sa souveraineté, son autorité face aux menaces de dépossession et d’assujettissement, qu’il s’agisse de l’immigration ou du pouvoir économique et politique »( p.21).

L’écrivain dépousière également les écrits d’un autre universitaire au sujet de ce concept, en l’occurrence l’anthropologue, feu Niangoran Bouah. Dans le même ouvrage cité plus haut, celui-ci écrit, parlant de l’ivoirité : « L’individu qui revendique son ivoirité est supposé avoir pour pays la Côte d’Ivoire, né de parents appartenant à l’une des ethnies autochtones de la Côte d’Ivoire »(p.46). Bandama déduit de ces définitions de la notion, que « l’ivoirité va inspirer une politique de discrimination ethnique ».

Puis il égrène le chapelet des dérives engendrées par ce concept autant que les crimes commis en son nom. Aussi interpelle-t-il les uns et les autres afin que le pays tire les leçons de ce triste passé, au moment où ressurgit une rhétorique de type xénophobe. « Alors, arrêtons d’agiter la fibre ethnique, les événements de Beoumi sont là pour nous dire que le péril n’est jamais loin, surtout quand on aiguillonne la notion d’étranger », prévient l’auteur de « La Bible et le Fusil".

Nadia YORO

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