Dans une contribution sur un forum de discussion, le juriste Jean Bonin s'est interrogé sur la gestion du pouvoir par les partis politiques. Ci-dessous l'intégralité de sa contribution. 

Cette mentalité ivoirienne qui voudrait que lorsqu’un parti accède au pouvoir ses militants devraient rouler carrosse m’horripile plus que tout. Accède-t-on au pouvoir uniquement pour enrichir ses partisans, au détriment du peuple ? À contrario, quel est le parti ivoirien qui a déjà goûté aux délices du pouvoir et dont de nombreux cadres n’en ont pas outrageusement tiré quelques avantages personnels ? Aujourd’hui, comme hier, rien de nouveau donc sous le soleil clair obscur de Mama, Daoukro ou Kong.

On peu lire ça et là une kyrielle de Doukidous qui s’étripe à vouloir nous persuader, ironiquement, de ce que le Rhdp n’est pas au pouvoir en raison de ce que nombreux parmi ses militants broieraient du noir alors que, plus que tout autre, ils devraient être gavés comme des oies. Cette façon d’appréhender la gestion de la chose publique est anachronique. 

Que celui qui pourrait, ici et maintenant, nous démontrer, chiffres à l’appui, que tous les militants du PDCI, sous Houphouët et Bedié, ou du FPI, sous Gbagbo, étaient relativement plus aisés comparativement à la grande masse de la population jette la 1ère pierre au Rhdp.

D’aucuns pourraient penser que l’objectif de ce post est de voler au secours du Rhdp, que nenni ! L’objectif est simple, il faut se départir des positions subjectives, conjoncturelles et obséquieusement partisanes pour plutôt embrasser celles dont le caractère structurelle interpelle la conscience collective de l’ensemble des ivoiriens ou, si l’on veut critiquer le pouvoir en place, alors mettre en exergue ce qui lui est factuellement propre.

Cette démarche intellectuelle a l’avantage de ne pas être frappée du sceau de l’hypocrisie circonstancielle, de l’amnésie volontaire et surtout d’être cognitivement inattaquable. C’est là que réside toute la différence entre l’exercice peu engageant de la fanfaronnade ou du roukasskass subséquent au priapisme du pouce bleu et l’argumentation rationnelle.

Comme dirait le vieux Menekré « les analystes politiques qui font des analyses tordues, c’est nous on met en place ». Après, vous pourrez toujours me voir à gauche, à droite ou au centre, peu importe. Je me réserverais toujours le droit, autant et en tant que de besoin, de vous confondre... sur le terrain des arguments contradictoires.

Pour rappel, au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, sachez que pour moi la politique ne devrait pas nécessairement rimer avec malhonnêteté intellectuelle ou prise de position à géométrie variable.

Jean Bonin Juriste

Citoyen ivoirien

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