Les lampions se sont éteints, samedi 27 avril 2019, à Duékoué, sur les festivités de la 20ème édition de la fête de la liberté du Fpi-tendance ‘’Gbagbo ou rien’’. Outre le défilé des fédérations et organisations-partenaires, cette journée a été marquée par le discours d’orientation de l’ex-président Laurent Gbagbo à ses partisans. Ci-dessous, l’intégralité du message délivré par le secrétaire général, Dr Assoa Adou, dont des passages sont nuisibles à l’œuvre de paix et de réconciliation nationale en cours.

Visite des fosses communes

« Je prends la parole cet après-midi pour vous adresser le message du président Laurent Gbagbo. Il vous salue. Il dit qu’il pleure avec vous. Il souffre avec vous. Mais, avant de continuer de vous donner tout le message, je voudrais d’abord que hier (vendredi 26 avril, ndlr) quand nous sommes arrivés, le camarade fédéral de Duékoué nous a conduit sur les fosses communes. Je vous assure que cette visite m’a séduit, a transformé même ce que je devrais vous dire. Un de nos grands camarades, solide, militant intrépide, je veux parler de Yao Yao Jules, qui n’a pas pu tenir. L’émotion l’a tellement ébranlé qu’il s’est écroulé. Camarades, beaucoup de choses se sont passées à Duékoué. Nous pensions connaître ce qui s’est passé ici. Mais, avec ce qu’on a entendu, ce que nous a montré, nous ne connaissions rien de ce qui s’est passé. Ce qui m’a secoué et qui m’a amené même à revoir ce que je devrais vous dire avant de livrer le message du président (Laurent Gbagbo, ndlr), c’est la mort de ce nourrisson de quelques jours. Il s’appelle Sieleh Delphine qui n’avait que quelques jours pour ne pas dire quelques heures. Les rebelles sont arrivés. Ils ont d’abord coupé les deux seins de sa mère. Ils l’ont éventré. Ils ont sorti de son corps, le rein, le cœur et autres. Ils n’ont pas voulu de l’enfant. Ils l’ont égorgé. Ils ont recueilli son sang. Quelle horreur ! C’est ce que nous avons vu. C’est ce que nous avons entendu. On se demande si des gens qui se livrent à de telles atrocités, sont-ils encore des êtres humains. Je vous laisse apprécier. Ce genre de massacres, le monde entier l’a vécu dans le passé. Nous avons, en juin 1944, les nazis sont arrivés dans un village. Et dans ce village, ils ont massacré tout le monde. 648 personnes. Ils se sont comportés comme ceux qui sont passés à Duékoué. On a eu la même chose dans les années 1990 pendant la guerre de Yougoslavie. Ils ont massacré hommes, femmes et enfants. 800 personnes au total. Ici, c’est 30.000. C’est-à-dire que nous sommes à Duékoué dans la région du Guémon devant un véritable nettoyage ethnique. Alors, on peut se demander pourquoi de telles actions ? Ici, à Duékoué, ici dans le Guémon, dans le Cavally, on a voulu faire un nettoyage ethnique. On a voulu vous exterminer. Mais, vous-mêmes vous dites que le poisson ne finit pas dans l’eau. Et le poisson n’est pas fini. Alors, vous êtes là. Ils ne l’ont pas fait pour rien. Ils l’ont fait par rapport à un plan bien élaboré, bien organisé. Il fallait occuper vos terres, vos forêts.

Marche sur Abidjan

Ailleurs, ils ont fait la même chose. Partant de Duékoué, la marche macabre, jusqu’à la résidence du président Laurent Gbagbo n’a été que massacres, tueries. Et à Cocody, de jeunes gens rassemblés devant la résidence du président pour prier, ils sont arrivés, ils ont tué tout le monde. Et vous savez ce qu’ils ont fait quand ils passent dans les villes ? Leur première action, c’est rentrer dans les mairies, dans les palais de justice pour déchirer et brûler les registres d’état civil. Le but, c’est de dire que la Côte d’Ivoire est un pays qui appartient à tout le monde. Aujourd’hui, nous assistons à ce qu’on appelle, nous sommes le premier pays au monde qui a plus d’habitants apatrides. Donc, il faut refaire les pièces d’identité. Il faut occuper les forêts classées. La télévision France 24 a fait un reportage, il n’y a pas longtemps. Pour ceux qui suivent les réseaux sociaux. Moi, on m’a informé. On a dit que les élites politiques des pays voisins faisaient venir en Côte d’Ivoire, des enfants de 12 ans, 13 ans qu’on infiltre dans vos forêts pour faire des plantations de café, de cacao qu’on va acheter à un prix modique, un prix faible alors que ces enfants ont été déscolarisés. Ils ne vont pas à l’école. Ils sont exposés aux morsures de serpent. Et pendant des années, ils sont là. Ils n’ont aucun droit. C’est tout ce monde coalisé qui a pris des mercenaires en collaboration avec certains de nos compatriotes pour commettre des crimes en Côte d’Ivoire. Peuple Wè du Guémon, je vous dis yako. Si je dis dans votre langue, vous allez vous moquer de moi. Yako pour vos souffrances. Si nous évoquons tout cela, ce n’est pas pour dire que nous allons nous venger. Certains parmi nous, à cause des atrocités, nous disent, vous voyez, le régime actuel, vous montre comment on dirige. Non ! Il nous montre comment un être humain ne doit pas se comporter. Je les appelle les professeurs du négatif. Ils sont négatifs sur tous les plans.

Gestion du pays et réconciliation par le FPI

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est un pays sinistré sur tous les plans. Le pays croule sous le poids de la dette. Les économistes disent, rien que pour payer le service de la dette, il faut chaque année, 43% de nos recettes. C’est-à-dire, nous allons payer, nos enfants vont payer et nos petits enfants vont payer. On ne peut plus parler d’école en Côte d’Ivoire. Les centres de santé n’existent plus. Les forêts sont détruites. L’eau est empoisonnée. Et les Ivoiriens ne s’aiment pas. Celui du Nord se méfie de celui du Sud. Alors, il ne faut pas faire semblant. Il faut sauver la Côte d’Ivoire. C’est par rapport à cà que le président Laurent Gbagbo m’a chargé d’une mission auprès de vous, militants du Front populaire ivoirien et du peuple ivoirien. Les Ivoiriens doivent obligatoirement se réconcilier. Et qui doit faire cette réconciliation ? Le Front populaire ivoirien, par le président Laurent Gbagbo a montré qu’il est capable de faire la réconciliation. C’est la formation politique seule en Côte d’Ivoire qui peut faire la réconciliation. Après les élections de 2000, le président Laurent Gbagbo a organisé le forum de la réconciliation nationale. Bédié était en exil. Il l’a fait revenir. Monsieur Ouattara était en exil. Le général Guéi était refugié dans son village. Il l’a fait venir. Guéi a exigé une villa, des voitures. Il lui a donné. Eux tous, ont exigé des biens matériels et financiers. Il leur a donné. Comme plus, il leur donne l’argent toutes les fins de mois parce que pour lui, nous devons sauver la Côte d’Ivoire. Pour lui, nous devons former une Nation. Alors, il nous dit, le Front populaire ivoirien doit se lever, aller vers les Ivoiriens, vers les partis politiques, vers les Ong pour dire, nous venons vers vous pour qu’on sauve la Côte d’Ivoire. Oui, c’est nous qui sommes le peuple. Et le peuple a le droit d’exiger la paix, a le droit d’exiger la sérénité. Un peuple organisé peut demander la réconciliation Et si les tenants du pouvoir sont réfractaires, le peuple peut manifester son mécontentement et les amener à la table de négociation. C’est ce que nous devons faire.

Reconnaissance des victimes de Duékoué

Cà le professeur Hubert Oulaye a déjà abordé cette idée, le génocide des Wè doit être reconnu. Nous devons être capable de commémorer le génocide Wè. C’est un véritable nettoyage ethnique. On ne doit pas laisser passer. Ce nourrisson de quelques jours dont je parlais tout à l’heure doit devenir un symbole parce que, nous, nous luttons pour la vie. Les autres sont pour la mort. Nous, nous sommes pour la vérité. Eux sont pour le mensonge. Nous voulons construire une nation démocratique, où le droit de chacun est respecté. Une nation où les minorités sont protégés, où la promotion doit se faire par mérite. Et non, par l’appartenance à un clan, à une famille, à une ethnie. Cette tâche que le président Laurent Gbagbo nous assigne est une tâche noble. Et nous sommes capable de relever ce défi. Nous voudrons qu’à partir de Duékoué, nous propageons ce message de paix, de réconciliation. La mort était partie de Duékoué. La vie des Ivoiriens doit partir de Duékoué. Camarades, c’est le message fort qu’il m’a dit de vous délivrer. Et il m’a dit de vous dire qu’il sera avec nous à la prochaine fête de la liberté. Il est sur le chemin du retour.

Acquittement de l’ex-président

Le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé ont été acquittés. En français très simple, cà veut dire qu’ils ne sont responsables de rien, ils n’ont rien fait. On connait ceux qui ont tué, qui ont massacré. Mais, nous, nous sommes là pour libérer notre pays. Nous sommes là pour participer à la libération de l’Afrique, pour poursuivre notre Nation. Nous sommes plusieurs peuples que les Français ont regroupé qu’ils ont appelé Côte d’Ivoire et cette Côte d’Ivoire, nous devons en faire une Nation prospère où il y a la liberté.

Propos recueillis et retranscrits par Aude Assita Konaté

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