Annoncé pour mort, le chauffeur Issa Traoré vit

Issa Traoré est le chauffeur de ‘’Massa’’, dont l’altercation avec un camarade de moto-taxi a déclenché les violences inter-communautaires de Béoumi du 15 au 16 mai 2019. Dans cet entretien, il dit sa part de vérité sur la rixe ayant dégénéré en bataille rangée.

Vous êtes le chauffeur de Massa qui a eu un accrochage avec le jeune de moto-taxi. Que s’est-il passé le jour des faits ?

Il faut dire que le mercredi matin, j’étais venu décharger le véhicule au marché. Un moto-taxi me barrait le passage. Je lui ai demandé de retirer son engin de la voie. Il a refusé. Mon apprenti est alors descendu pour le rappeler à l’ordre. C’est là qu’il a dit être chez lui et qu’il va faire ce qu’il veut. Il a ajouté que si nous étions fâchés, nous devrions aller garer chez nous au Nord au lieu de l’emmerder chez lui à Béoumi. Je suis alors descendu. Quand je suis arrivé à son niveau pour lui dire mes vérités, il m’a donné un coup de poing au visage et a pris la fuite. Je l’ai poursuivi parce que je ne pouvais pas laisser ce coup sans suite. Mon apprenti est descendu pour nous suivre. C’est vers la gendarmerie que je l’ai rattrapé. Sur place, mon apprenti et moi, avons été encerclés. En surnombre, ils ont commencé à nous bastonner. Des camarades, chauffeurs de Massa qui ont suivi la scène, sont alors venus à notre secours. Quand ils ont vu qu’on était plus seul, ils se sont repliés sur la gare. C’est ainsi que nous, tous, sommes repartis à la gare.

A ce moment précis, dans quel état se trouvait votre adversaire ?

Il n’avait rien. Je n’ai même pas pu rendre mon coup. Ses camarades et lui sont tombés sur mon apprenti et moi ; Ils nous ont frappés et ne nous ont laissé que quand les autres chauffeurs de ‘’Massa’’ sont arrivés. Avant notre arrivée, à la gare, lui, il était dans le bureau du syndicat où nous nous sommes expliqués. Peu après, moi, je suis allé charger mon véhicule pour retourner à Kounahiri. Une fois à destination, j’ai été joint par des camarades m’informant que tout était gâté dans la ville, que la situation avait dégénéré sur la base d’informations faisant état de ce que le chauffeur de moto-taxi avait été tué pendant notre bagarre. Il n’en est rien. Il n’a même pas été blessé pendant notre palabre. On s’est, tous les deux, expliqué dans le bureau du responsable syndical à la gare. C’est après cela que moi, j’ai été autorisé à aller travailler. J’ai donc pris les passagers à destination de Kounahiri et j’ai quitté Béoumi. A ce moment, le chauffeur de moto-taxi, mon adversaire n’avait rien. Même pas une simple égratignure. Je vous ai expliqué je n’ai même pas pu rendre mon coup parce que ses amis sont venus nous encercler et nous frapper. Il avait même été dit que j’ai cogné son engin dont j’aurais cassé le rétroviseur. Tout cela est faux et archi-faux.

Si tant est qu’il n’a pas été blessé pendant votre bagarre, comment expliquez-vous qu’il se retrouve parmi les blessés évacués au CHU de Bouaké ?

S’il l’a été, c’est bien après que la situation a viré à la bataille rangée entre communautés. Et si on en est arrivé là, c’est la faute des jeunes de moto-taxi. Ils disaient qu’ils vont nous chasser, qu’ils sont chez eux, dans leur village. A ce titre, ils peuvent se permettre tout. Ils l’ont dit en ma présence. Cela a dû certainement fâcher les uns et les autres après, pour qu’on en arrive à ces affrontements. Je répète que la présumée mort du chauffeur de moto-taxi n’est qu’une rumeur. Je dis bien que je n’ai même pas pu lui rendre mon coup. C’est certainement au moment où ses camarades et lui sont venus pour tout casser et tout brûler à la gare qu’il a été blessé. Et non pendant notre dispute. Et à ce moment-là, j’étais à Kounahiri.

Réalisé par Aude Assita Konaté, Envoyée spéciale

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