Assoa Adou a mobilisé les militants du Fpi

Le message d’orientation de l’ancien président, Laurent Gbagbo, était attendu. Et il est enfin connu. Samedi 27 avril 2019, en début d’après-midi, il était dévoilé à ses partisans, réunis par milliers à la place de la paix de Duékoué - porte d’entrée de l’Ouest ivoirien - par Dr Assoa Adou, secrétaire général de l’aile dissidente de celle légale du Front populaire ivoirien (FPI) tenue par Affi N’guessan. A la tribune de la fête de la liberté dans la capitale du Guémon, le numéro 2 de la tendance Fpi dite des ‘’Gbagbo ou rien’’ (Gor) enjoignait à ses camarades de se mobiliser pour la cause de la réconciliation nationale. « Nous voulons construire une nation démocratique, où le droit de chacun est respecté. Une nation où les minorités sont protégés, où la promotion doit se faire par mérite. Et non, par l’appartenance à un clan, à une famille, à une ethnie. Cette tâche que le président Laurent Gbagbo nous assigne est une tâche noble », faisait valoir Assoa Adou, relevant que les pro-Gbagbo sont capables de relever ce défi. « Nous voudrons qu’à partir de Duékoué, nous propageons ce message de paix, de réconciliation. La mort était partie de Duékoué. La vie des Ivoiriens doit partir de Duékoué. Camarades, c’est le message fort qu’il m’a dit de vous délivrer », laissait-il entendre, avant de se livrer à un procès de la gouvernance de l’actuel chef de l’Exécutif ivoirien, Alassane Ouattara.

Procès.

Poursuivant, très acerbe, le verbe haut et fort, le camarade de Laurent Gbagbo relevait que la Côte d’Ivoire est actuellement « un pays sinistré » dont l’état nécessite le réveil des ‘’frontistes’’. « Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est un pays sinistré sur tous les plans. Le pays croule sous le poids de la dette. Les économistes disent, rien que pour payer le service de la dette, il faut chaque année, 43% de nos recettes. C’est-à-dire, nous allons payer, nos enfants vont payer et nos petits enfants vont payer », s’offusquait-t-il. « On ne peut plus parler d’école en Côte d’Ivoire. Les centres de santé n’existent plus. Les forêts sont détruites. L’eau est empoisonnée. Et les Ivoiriens ne s’aiment pas. Celui du Nord se méfie de celui du Sud. Alors, il ne faut pas faire semblant. Il faut sauver la Côte d’Ivoire », orientait Dr Assoa Adou, pourtant bénéficiaire, lui aussi, de l’ordonnance d’amnistie prise par le successeur de Laurent Gbagbo. Cela, dans le dessein de booster la réconciliation nationale. L’orateur, n’en a pas du tout fait cas. N’y voyant certainement aucun effet sur le processus de consolidation de l’Etat-Nation. « C’est par rapport à cà que le président Laurent Gbagbo m’a chargé d’une mission auprès de vous, militants du Front populaire ivoirien et du peuple ivoirien. Les Ivoiriens doivent obligatoirement se réconcilier. Et qui doit faire cette réconciliation ? Le Front populaire ivoirien, par le président Laurent Gbagbo a montré qu’il est capable de faire la réconciliation. C’est la formation politique seule en Côte d’Ivoire qui peut faire la réconciliation », jurait Assoa Adou, déclinant des actions posées par l’ex-détenu de la prison de Scheveningen à La Haye pendant son magistère. « Après les élections de 2000, le président Laurent Gbagbo a organisé le forum de la réconciliation nationale. Bédié était en exil. Il l’a fait revenir. Monsieur Ouattara était en exil. Le général Guéi était réfugié dans son village. Il l’a fait venir. Guéi a exigé une villa, des voitures. Il lui a donné. Eux tous, ont exigé des biens matériels et financiers. Il leur a donné. Comme plus, il leur donne l’argent toutes les fins de mois parce que pour lui, nous devons sauver la Côte d’Ivoire. Pour lui, nous devons former une Nation », ajoutait-il, tout en insistant sur l’engagement des ‘’Gor’’ pour remettre ‘’leur’’ Fpi au-devant de la scène politique en 2020. Autrement dit, le remettre au pouvoir d’Etat à la faveur des présidentielles à venir. « Alors, il (Gbagbo, ndlr) nous dit, le Front populaire ivoirien doit se lever, aller vers les Ivoiriens, vers les partis politiques, vers les Ong pour dire, nous venons vers vous pour qu’on sauve la Côte d’Ivoire. Oui, c’est nous qui sommes le peuple. Et le peuple a le droit d’exiger la paix, a le droit d’exiger la sérénité. Un peuple organisé peut demander la réconciliation Et si les tenants du pouvoir sont réfractaires, le peuple peut manifester son mécontentement et les amener à la table de négociation. C’est ce que nous devons faire », indiquait Assoa Adou, lançant au passage plusieurs pierres dans le jardin du pouvoir Ouattara. Accusé d’être l’auteur du génocide Wè dont il réclame d’ailleurs la reconnaissance et la réparation. « Le génocide des Wè doit être reconnu. C’est un véritable nettoyage ethnique. On ne doit pas laisser passer. Ce nourrisson de quelques jours dont je parlais tout à l’heure doit devenir un symbole parce que, nous, nous luttons pour la vie. Les autres sont pour la mort. Nous, nous sommes pour la vérité. Eux sont pour le mensonge », décochait l’ex-ministre de Laurent Gbagbo, décidé de ne faire aucun cadeau au pouvoir Ouattara. « Certains parmi nous, à cause des atrocités, nous disent, vous voyez, le régime actuel, nous montre comment on dirige. Non ! Il nous montre comment un être humain ne doit pas se comporter. Je les appelle les professeurs du négatif. Ils sont négatifs sur tous les plans », assénait, sous les vivats de partisans enthousiasmés, l’ex-syndicaliste, membre fondateur du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé (Synacassci) qu’il quitte après sa nomination au gouvernement suite à l’accession au pouvoir en 2000 de Laurent Gbagbo.

Retour au pays natal en 2020 ?

L’un des volets de l’intervention de l’émissaire du ‘’Woody de Mama’’ a porté sur son récent acquittement par la Cour pénale internationale (Cpi). « Le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé ont été acquittés. En français très simple, cà veut dire qu’ils ne sont responsables de rien, ils n’ont rien fait. On connait ceux qui ont tué, qui ont massacré. Mais, nous, nous sommes là pour libérer notre pays. Nous sommes là pour participer à la libération de l’Afrique, pour poursuivre notre Nation. Nous sommes plusieurs peuples que les Français ont regroupé qu’ils ont appelé Côte d’Ivoire et cette Côte d’Ivoire, nous devons en faire une Nation prospère où il y a la liberté », mobilisait Dr Assoa Adou, qui avait à ses côtés, lors des festivités à Duékoué, plusieurs pontes de l’aile opposée à Affi N’guessan, président légal du Fpi. Il s’agit, entre autres, de l’ex-première dame, Simone Ehivet Gbagbo, l’ex-députée d’Attécoubé, Odette Lorougnon ; de l’ex-Sg du camp Affi et maire d’Agou, Agnès Monnet ; des ministres Hubert Oulaye et Emile Guiériéoulou ; des présidents de Eds, Pr Armand Ouégnin et de la Jfpi, par ailleurs, président du comité d’organisation, Koua Justin. Ce dernier a été vivement félicité par Simone Gbagbo pour, dira-t-elle, « avoir su relever le défi de la mobilisation ».

Aude Assita Konaté, Envoyé spéciale à Duékoué

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