Le président du Pdci semble décidé à enfiler son manteau d’opposant désormais. Ainsi pourrait s’expliquer le discours au vitriol qu’il a délivré le jeudi 28 juin 2019, à l’occasion du Bureau Politique e son parti, qui s’est tenu au siège du Pdci à Cocody. Une fois encore, il a décoché des flèches contre le pouvoir, revendiquant au passage, son droit de dénoncer, au nom de son nouveau statut d’opposant. Mais, de toute évidence, des pans de son propos laissent clairement voir que l’homme a délibérément versé dans la démagogie avec pour dessein de flatter l’égo de ses ouailles. De quoi s’agit-il ?

D’abord, de toutes ces choses que Bédié dénonce maintenant alors qu’elles sont supposées avoir existé sinon de tout temps, du moins durant ces huit années de cogestion du pouvoir avec le régime, régime qu’il ne rate plus aucune occasion de tacler. Qu’il s’agisse de l’orpaillage clandestin, des litiges fonciers, de la composition supposée disproportionnée de la Commission électorale indépendante ( Cei), tous ces dossiers « dormaient » sous le siège douillet sous lequel Bédié était assis du temps où il « mangeait » avec le pouvoir. Il est donc curieux qu’il ne les découvre que maintenant.

Cela dit, de quoi parle donc le président du Pdci quand il crie au « rattrapage ethnique » ? Lui dont les fils, qui n’appartiennent pas à l’ethnie d’Alassane Ouattara ont été associés à l’exercice du pouvoir depuis l’accession de celui-ci à la magistrature suprême. Peut-il raisonnablement crier au rattrapage ethnique quand plusieurs des cadres et personnalités issus de son parti, qui ne sont pas de l’ethnie du chef de l’Etat, ont été nommés à des postes parmi les plus juteux sous la mandature de Ouattara ? Est-ce vraiment à lui qui, dans bien des cas, a proposé ces noms, de hurler avec les loups en embouchant la trompette du rattrapage ethnique ?

Par ailleurs, il est curieux que le président du Pdci crie à la fraude sur la nationalité sans en avancer la moindre preuve et surtout en donnant le sentiment qu’elle a commencé sous le régime Ouattara. A l’évidence, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Les hérauts de l’ivoirité n’avaient-ils pas prétendu que cette idéologie abjecte avait été suscitée pour distinguer les « vrais » Ivoiriens des « faux » et partant contrer la fraude sur la nationalité ? D’où vient-il que le Pdci veuille donner l’impression que cette fraude, si elle existe, ne date que d’aujourd’hui. Encore que le père de l’ivoirité ne fournit le moindre début de preuve à ses allégations. Il n’y a pas si longtemps, il avançait que ces pièces d’identité frauduleuses étaient massivement établies à Abobo dans la perspective de la présidentielle de 2020. On a attendu qu’il avance des éléments probants. En vain.

Un autre propos démagogique, c’est le fait de reprendre à son compte la phrase malencontreuse du porte-parole du Rhdp, Kobenan Adjoumani, qui avait fait la manchette du quotidien proche du Pdci, au lendemain de la récente sortie médiatique de celui-ci : « nous au RHDP, on n’a pas peur d’enrôler des étrangers pour constituer notre électorat ».Visiblement, il y a une volonté d’exploiter à des fins électoralistes ce lapsus, qui est loin de refléter la véritable pensée de son auteur. Adjoumani, on l’aura compris, voulait signifier que son camp n’avait pas besoin d’enrôler des étrangers comme bétail électoral, étant sûr de ses forces. Mais il s’est emmêlé les pinceaux en reprenant inconsciemment le mot « peur », qu’il venait d’utiliser dans une phrase précédente. Il est bon de restituer ce contexte avec pour souci de stopper ainsi l’exploitation, à des fins de propagande, que veut en faire le Sphinx de Daoukro.

Lequel est bien dans le rôle de démagogue quand il appelle à chasser des religieux de la Cei sous prétexte de « laïcité ». N’est-ce pas avec la bénédiction de Bédié et du Pdci et des autres acteurs politiques, que ceux-ci ont pu y siéger ? A l’époque, le président du Pdci et bien d’autres leaders politiques avaient misé sur la supposée droiture des religieux pour pallier le regard partisan des hommes politiques qui avaient « inondé » la Cei. Et ces mêmes religieux siégeaient encore dans cet organe électoral quand Bédié appelait à un second mandat pour Ouattara. Sans doute n’aurait-il jamais réclamé leur départ de la Cei si ses relations avec le pouvoir n’avaient pris du plomb dans l’aile. Une autre preuve que le président du Pdci entend désormais se vêtir de ses nouveaux habits d’opposant.

Nadia YORO

COMMENTS

  • Stevodog (non vérifié) 12.12.2019, 10:50 pm

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