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Réconciliation : Ces faits qui confondent Aïcha Koné

Réconciliation : Ces faits qui confondent Aïcha Koné
Publié le: 31 décembre 2021
Aïcha Koné est une artiste musicienne déchue

L’artiste musicienne, Aïcha Koné, a accordé un entretien à une radio guinéenne, mardi 21 décembre 2021, dans lequel elle donne son avis sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. « Je suis à Abidjan, je connais des gens qui sont en prison, il faut qu'on les libère. On nous dit : Abidjan a changé, mais ça changé comment ? On ne mange pas pont », lâche-t-elle. Des propos repris abondamment sur les réseaux sociaux, qui ont suscité la colère des internautes, surtout des Ivoiriens vivant en Guinée-Conakry. Si pour ces Ivoiriens de la diaspora, la liberté d’expression est un droit, ils s’étonnent en revanche qu’une compatriote mente aussi évidemment sur la situation sociopolitique de son pays sur une radio étrangère. Mais Aïcha n’en a cure. L’auteure de la chanson ‘’Dibi’’ (obscurité en malinké) poursuit : « Donnez 20 ponts aux Ivoiriens, il y a des maisons qu'on est en train de casser. Il y a une partie de la population qui dort dans les cimetières ».  Même les caciques parmi les proches de l’ancien président Gbagbo se gardent de tels discours aujourd’hui. Pas qu’ils ne le pensent pas, mais parce qu’ils savent que ce type de propos ne prospèrent plus. A la lumière des réalisations indéniables du président Alassane Ouattara, les propos d’Aïcha Koné sonnent faux.

De la question des prisonniers

 

Aïcha Koné s'est fait laminer sur les réseaux sociaux
Aïcha Koné s'est fait laminer sur les réseaux sociaux 

 

Relativement à la question des prisonniers, Aïcha Koné feint d’ignorer qu’il n’y a pas quasiment plus de prisonniers civils proches de l’ancien président Laurent Gbagbo. Tous ou presque ont bénéficié, soit d’une amnistie, soit d’une grâce présidentielle ou encore d’une libération sous condition. Même ceux qu’on libérait et qui étaient impliqués dans des actions de déstabilisation sont en liberté. Qu’Aïcha Koné montre un pouvoir qui a subi autant d’attaques et dont les coupables sont remis en liberté quelques mois plus tard. Elle n’en trouvera pas ! S’agissant des prisonniers militaires, elle doit savoir qu’ils ont été jugés et reconnus coupables de crime de sang. Leur culpabilité a clairement été établie par leurs éléments au tribunal relativement à des assassinats. Tous, avions suivi le procès de l’ex-chef de la junte militaire Robert Gueï, tué aux premières heures de la rébellion armée de septembre 2002. A la cathédrale où il s’était réfugié et duquel il a été extrait, se trouvaient le Général Dogbo Blé Bruno et Yapo Séka Anselme dit Seka Seka. Le dernier cité est celui qui a fait tuer toute la garde de Robert Gueï ainsi que son épouse. La mémoire d’Aïcha Koné a dû être amputée ou du moins, elle est bien sélective.

Quid des ponts et des routes

Les opposants sont unanimes sur une qualité du pouvoir en place : sa qualité de bâtisseur
Les opposants sont unanimes sur une qualité du pouvoir en place : sa qualité de bâtisseur 

 

La diva de la musique mandingue, devenue l’ombre d’elle-même, reprend à son compte une vieille litanie des pro-Gbagbo. Ceux-ci, pour nier l’évidence des gros travaux en Côte d’Ivoire, avaient pour habitude d’indiquer qu’on ne mange pas goudron. Aujourd’hui, ces pro-Gbagbo ont vite abandonné ce langage, parce qu’il les rendait ridicule. Et Aïcha a cru bon de le remettre au goût du jour. En fait, voulant être plus royaliste que le roi, elle donne dans le théâtre et se banalise. C’est d’ailleurs pourquoi, elle a été copieusement ‘’rossée’’ sur les réseaux sociaux. Le député de Gbon, Touré Alpha Yaya l’a même descendu en flamme. Réagissant d’ailleurs aux propos de ce député, elle a déplacé le débat en rappelant l’arbre généalogique de celui-ci, l’invitant de ce fait à lui lâcher les baskets. Comment Aïcha pense-t-elle pouvoir mentir sans être reprise par quelqu’un d’autre, fut-ce son parent ? Si elle pense avoir le droit de critiquer, qu’elle accepte également d’être critiquée. Ramener le débat au cercle familial ‘’ne l’absout pas du péché du mensonge’’.

De la gloire à la déchéance

 

Cette sortie d’Aïcha Koné traduit la déchéance d’une artiste qui a toujours pensé être meilleure que ses consœurs du même genre musical en Côte d’Ivoire. Elle espérait pouvoir tirer profit d’une éventuelle victoire de l’ancien président, Laurent Gbagbo à la présidentielle d’octobre 2010. Et même en Guinée-Conakry où elle se la coulait douce auprès du président guinéen déchu, Alpha Condé, son beau-frère, elle était loin d’être une exilée. Qui lui en voulait d’ailleurs en Côte d’Ivoire ? Son drame vient du fait que ceux qui aimaient le plus sa musique sont les partisans du président Ouattara. Ce sont ceux-là qui l’ont rangé dans le placard de leur mémoire, comme ils l’ont fait pour Adama Dahico. Le pouvoir de Laurent Gbagbo s’est servi d’eux et les a rendus impopulaires. Ils ne sont que l’ombre d’eux-mêmes et cette honte les poursuit partout où ils sont. Plutôt que de s’en prendre au pouvoir du président Ouattara, Aïcha Koné gagnerait à faire profil bas et couler tranquillement ses vieux jours auprès de sa sœur en Guinée. Si tenter de faire plaisir aux pro-Gbagbo en s’attaquant au président Ouattara peut lui faire plaisir, qu’elle accepte aussi que des pro-ADO prennent plaisir à lui rappeler sa déchéance. Ce n’est ni une affaire de famille, encore moins de village. C’est une question de bon sens. Et Aïcha doit le savoir.

Yves TAPE