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Mali : Aïna Ibrahim Camara tente d'escroquer la Versus Bank

Mali : Aïna Ibrahim Camara tente d'escroquer la Versus Bank
Publié le: 3 mars 2022
Aïna Ibrahim Camara est un truand

Il rêve de se voir un jour au Palais du Koulouba. Il pourrait bien atterrir dans une prison. Lui, c’est Aïna Ibrahim Camara, président autoproclamé de la transition malienne. En cachette, dans l’une des résidences louées par ses soins en Côte d’Ivoire, il fait une déclaration qui défraie la chronique. Il s'autoproclame président de la République du Mali, avant de disparaître dans la nature. Sa déclaration fait des vagues et l’auteur tente de se rattraper, en produisant un communiqué dans lequel il avoue avoir été induit en erreur par ses services de communication. Aïna Ibrahim Camara n'est pourtant pas un inconnu. Cet escroc est bien connu pour ses micmacs. L’homme est bien identifié dans les fichiers de la Versus Bank. En 2019, il ouvre un compte au nom de la « Carbonne finance SA » d’un capital de 100 millions de Fcfa. L’objectif, selon lui, c’est de rentrer dans le capital de la banque ivoirienne. Quelques jours plus tard, il ouvre un autre compte à Versus Bank au nom de « Carbonne Finance Limited », une autre société, sur lequel il transfère un milliard de Fcfa à partir de la « BIM-SA ». Il promet de transférer, sous huitaine, 10 milliards de Fcfa en vue de faire une offre d’achat de la Versus Bank. Dans la foulée, toujours à la Versus Bank, il ouvre encore un autre compte au nom de la société « Camara Bank SA » d’un capital sur papier de 15 milliards de Fcfa dont il est l’actionnaire principal et l’unique directeur. Il promet de transférer 10 milliards de Fcfa sur ce compte.

 

"La banque en alerte" 

 

Les responsables de la Versus Bank ont été vigilants
Les responsables de la Versus Bank ont été vigilants 

 

Les actions de M Camara mettent la puce à l’oreille des responsables de la Versus Bank, qui entament aussitôt des investigation sur l’escroc. Pendant ce temps, Aïna Ibrahim Camara se présente au guichet de la banque et tente de retirer le milliard qu’il avait fait transférer. Se doutait-il de la découverte du pot-aux-roses ? En alerte, la banque lui fait savoir, poliment, qu’il ne peut pas retirer le milliard en une seule fois. Finalement, il n’a pu retirer que 25 millions de Fcfa. Son dernier acte a fini par convaincre les responsables de la banque que M Camara est un homme peu scrupuleux. Les résultats des investigations sont édifiants : Derrière « Carbonne Finance SA » se cache un vaste réseau de truands activement recherchés par les autorités du royaume de la Belgique. Aïna Ibrahim Camara est ainsi interrogé par les autorités ivoiriennes sur la provenance du milliard qu’il a transféré. Il n’a pu justifier les fonds parce qu’en réalité, ils proviennent d’un certain Josef Bekers et la SPRL Afinor qui fait l’objet d’une poursuite judiciaire en Belgique.

 

"L'escroquerie dévoilée" 

 

Par ailleurs, il a été découvert que les actionnaires des sociétés de M Camara sont ses enfants mineurs et lui-même. Il est donc clairement établi que les circonstances de la constitution des sociétés et les incohérences de Camara ont achevé de convaincre sur sa malhonnêteté. De plus, la diversité des sociétés, toutes fantoches les unes que les autres, a définitivement discrédité cet ancien candidat à la Présidence du Mali dont la candidature a été rejetée en juillet 2018 pour « moralité douteuse ». Avec un passif aussi lourd et peu reluisant, M Camara ose adresser un courrier au Président de la République ivoirienne pour dénoncer, selon lui, « l’injustice dont il serait victime de la part de Versus Bank ». « C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Non seulement il n’a aucun scrupule au point de faire une déclaration dans une cachette pour mettre mal à l’aise la Côte d’Ivoire, mais il ose dénoncer une banque qu’il a essayé de gruger », indique, en colère, un cadre de Versus Bank. Démasqué, Aïna Ibrahim Camara a pris la fuite. Il tombe sous le coup de l’infraction relative au « blanchiment de capitaux ». Un délit commis également par l’un de ses compatriotes, Oumar Diawara, qui pensait, lui aussi, devenir riche facilement à rachetant un vaste patrimoine immobilier de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ce dernier a été démasqué et fait l’objet d’une poursuite judiciaire en Côte d’Ivoire. Au Mali, M Camara fait l’objet d’une enquête pour sa déclaration de prise du pouvoir à partir de la Côte d’Ivoire. Le Procureur de la République, Ousmane Fati a produit à cet effet un communiqué en date du 1er mars 2022, dans lequel il annonce l’ouverture d’une enquête. Les carottes semblent cuites pour l’escroc qui vit désormais comme un fugitif. Pas sûr qu’il remette les pieds en Côte d’Ivoire. Yves TAPÉ