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Débat du GPS : Et pourtant, Soro a menacé KKB en 2020

Débat du GPS : Et pourtant, Soro a menacé KKB en 2020
Publié le: 2 janvier 2022
Guillaume Soro s'est discrédité

Temps de lecture : 5 min 

Abidjan 2 janvier (Infoplus)- 31 décembre 2021, Guillaume Soro a fait une apparition sur les réseaux sociaux après près d'un an de mutisme. Dans ses échanges avec les délégués de son mouvement, il est revenu sur les railleries dont il est victime concernant ses déclarations à la veille de la présidentielle d'octobre 2020. En effet, à la veille du scrutin présidentiel, Soro s'était fendu de plusieurs déclarations dont la plus célèbre était la non tenue de l'élection. "Il n'y aura pas d'élection le 31 octobre 2020. Alassane Ouattara ne sera pas le prochain président. Écrivez ça !", lançait l'ex-président de l'assemblé nationale. Non seulement les élections ont eu lieu, mais le président Ouattara a été réélu avec un fort taux de participation, malgré le boycott violent de l'opposition. Et depuis lors, Guillaume Soro est apparu au yeux de l'opinion comme un "menteur", "un vaurien" et "un faiseur de bruit" d'où son surnom "Anselmo bruit". Dans ses échanges avec ses délégués ce 31 décembre, il a essayé de banaliser la réélection du président Ouattara. À la limite, il se moque de cette réélection parce qu'elle est intervenue dans un contexte où l'adversaire n'était autre que Kouadio Konan Bertin, son camarade de la fac. Et à Soro de conclure que l'ex-chef de la junte militaire au pouvoir en 1999, Guei Robert, a fait mieux. "Lui, il a écarté tout le monde et est parti avec Gbagbo aux élections", ironise-t-il.

 

"L'ex-chef rebelle s'est totalement discrédité" 

 

Guillaume Soro a beau jeu de minimiser cette réélection, la réalité est qu'il s'est discrédité aux yeux de l'opinion nationale et internationale. Dans son bras de fer avec le président de la République, il n'a gagné aucun combat. Depuis sa démission de l'Assemblée nationale jusqu'à son atterrissage manqué en passant par sa défaite retentissante au Maroc dans le cadre de l'Assemblée parlementaire francophone, Soro s'est taillé un costume de looser, préférant plutôt se cacher derrière de fausses victoires liées aux décès de ses adversaires politiques.

Parlant de KKB, il feint d'oublier qu'il a appelé ce dernier à la veille de la présidentielle pour le menacer. Guillaume Soro a, en effet, appelé à plusieurs reprises KKB pour lui intimer l'ordre de retirer sa candidature au risque d'être responsable du grabuge qui surviendrait. Soro a même menacé le président du Conseil constitutionnel, Mamadou Koné, lui demandant de ne pas valider la candidature de Ouattara et de se réfugier à l'ambassade des États-Unis. Si tant est que KKB ne comptait pas et qu'il était un adversaire sans poids, pourquoi Soro l'a-t-il menacé ?

 

"Seul contre tous !" 

 

À la vérité, l'ancien chef rebelle tente de rebondir, après s'être totalement disqualifié de la scène politique. Ses méthodes, ses déclarations et autres actions ne passent pratiquement plus. Autrefois au centre de l'actualité, il est aujourd'hui ignoré, au point où il est obligé de faire des sorties sporadiques pour éviter de disparaître dans l'oubli. Tous ses amis l'ont quasiment lâché. Ses collaborateurs fidèles ont fini par l'abandonner. Ses contacts à l'international lui ont tourné dos pour la plupart. Dans l'opposition ivoirienne, il est royalement ignoré. C'est donc un homme seul, s'appuyant sur des militants qui ne remplissent pas une cabine téléphonique qui tente de se donner de la contenance et qui espère rebondir. Plutôt que de voir le mal partout, Soro gagnerait à se poser les questions judicieuses : pourquoi est-il abandonné par ses amis, par ceux qui l'ont fait ? Pourquoi refuse-t-il de se remettre en cause en se posant les bonnes questions ? Pourquoi pense-t-il être le seul qui a rendu service à tout le monde, comme s'il était tombé du ciel et qu'il ne devait rien à personne ? S'il trouve de bonnes réponses, sans doute fera-t-il un grand bond. À la limite, il ne lui reste que trois options. La première, négocier son retour en Côte d'Ivoire. Chose qu'il refuse pour le moment. La deuxième, espérer un cataclysme qui le mettrait en orbite et la dernière, provoquer la catastrophe et en profiter. Il a expérimenté la dernière option sans succès. Il ne lui reste plus qu'à espérer la survenue d'un cataclysme. En attendant, Alassane Ouattara continue de poser des actes concrets...pour le bonheur des Ivoiriens.

Jean-Baptiste KOUAMÉ