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CI/Comment Gbagbo et ses cadres ont roulé le Pdci dans la farine

CI/Comment Gbagbo et ses cadres ont roulé le Pdci dans la farine
Publié le: 15 mars 2022
Le dialogue politique a permis de clarifier des points

Temps de lecture : 6 min 

 

Abidjan le 15 mars 2022 (infoplus.ci)-Le 5ème round du dialogue politique a pris fin. Près d'un mois après, le voile se lève sur les coulisses d'un dialogue qui aura révélé une autre facette des cadres proches de l'ancien président, Laurent Gbagbo.

Tout s'est joué au dernier moment, vers la fin du dialogue politique. De hauts cadres du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ont quasiment rabattu le caquet à leurs frères du Parti des peuples africains Côte d'Ivoire (Ppa-ci). En ce qui concerne le gel des avoirs longtemps utilisés par les cadres de Gbagbo comme un alibi, des vérités crues ont été dites. Il ressort des explications du gouvernement qu'à ce jour, seul Laurent Gbagbo et les militaires en prison pour crimes ont leurs comptes gelés. Pour Gbagbo, c’est à cause de sa condamnation à 20 ans de prison pour "braquage de la Bceao" pendant la crise post-électorale. Tout le reste des cadres ont eu leurs comptes dégelés depuis plus de 10 ans. Sauf qu'ils ont fait toujours croire que leurs comptes sont gelés pour manipuler l’opinion en s’attirant la compassion nationale et internationale et surtout pour éviter les sollicitations financières de leurs proches. À titre d’exemple, l’épouse d'un haut dignitaire proche de Laurent Gbagbo dont nous taisons le nom est tombée des nues quand elle a découvert que son époux avait ses comptes dégelés depuis longtemps. C'est après le décès de celui-ci qu'elle a tout découvert.

 

"Gbagbo et ses cadres ont menti..." 

 

De nombreux cadres du Ppa-ci ont donc menti à leurs familles biologiques et politiques sur cette situation. Cette révélation a jeté un silence glaciale dans la salle. Les cadres du Ppa-ci n’ont pu se défendre, jetant leur regard ailleurs, devant les visages médusés des autres participants à la rencontre, dont le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), qui venait de comprendre qu’il s’est fait avoir pendant 10 ans. Et le monde n’était pas au bout de sa surprise. Abordant le chapitre des réfugiés ou exilés, il a été démontré que là aussi, il y a une supercherie qui ne dit pas son nom. Trois situations majeures sont à déplorer. La première, c’est que des familles, à l’ouest, ont élu domicile au Liberia, puis viennent en journée en Côte d’Ivoire puisque les villes sont frontalières, et retournent la nuit pour bénéficier des avantages (nourriture, médicaments, pécule…) du Haut commissariat aux réfugiés. La deuxième situation, c’est que des familles restées en Côte d’Ivoire ont vendu les terres de leurs parents en exil et les dissuadent de revenir en Côte d’Ivoire parce que, selon elles, s’ils reviennent, des militaires vont les tuer. Des gens ont été maintenus en exil par leurs propres parents pendant longtemps à cet effet. Ceux-ci ont fini par découvrir l’arnaque et plusieurs plaintes sont pendantes devant les tribunaux sur ces faits.

 

"Des enfants conçus en exil et comptabilisés" 

 

La dernière situation, c’est que des personnes ont fait du mal à leurs voisinages pendant la crise post-électorale. C’est le cas de plusieurs exilés au Ghana. Et conscientes des torts qu’elles ont fait, elles refusent de rentrer à cause d’éventuelles représailles. Concernant le nombre des réfugiés, il a été révélé que des exilés ont bâti des familles sur leur lieu d’exil et comptabilisent ces enfants obtenus dans cette situation comme des exilés aussi. Ce qui n’est pas le cas, puisque ces enfants ont été conçus avec des nationaux de ces pays d’accueil. Sans oublier aussi ceux qui ont deux familles, une en Côte d’Ivoire et l’autre à l’extérieur et font la navette. Enfin, la question récurrente de la réconciliation et du dédommagement des victimes, une autre supercherie des « refondateurs ». Là encore, ils ont été confondus par les représentants du gouvernement qui leur ont rappelé quelques actions menées à ce jour.

 

"Quid du dédommagement des victimes" 

 

Pour ce qui est, par exemple, du chapitre des dédommagements, l’assistance, notamment le Pdci, a encore appris avec stupéfaction que les familles de Boga Doudou, Dagrou Loula, pour ne citer que ceux-ci, ont bénéficié et continuent de bénéficier de l’assistance de l’Etat. Certains de leurs enfants sont même considérés comme des pupilles de l’Etat. Toutes ces révélations ont créé une onde de choc dans l’assistance. Pr Niamkey Koffi, l’un des représentants du Pdci ne cachait pas sa déception. Tout comme lui, l’assistance semblait abattue. C’est sûr qu’à partir de ce dialogue, Gbagbo et ses cadres ne pourront plus rouler leurs alliés dans la farine. Les populations sont également prévenues. Les cadres proches de Gbagbo ont leurs comptes ouverts depuis plus de 10 ans.

 

Yves TAPÉ