J'ai déjà dit, il y a de cela quelques mois, que le débat sur un éventuel 3e mandat du chef de l'Etat, Alssane Ouattara, ne m'intéresse pas. Parce que je préfère consacrer mon énergie intellectuelle à des choses plus utiles pour moi, pour ma famille et pour les populations qui m'ont confié la charge d'améliorer leur cadre de vie, leurs conditions de vie, dans la commune de Tiassale.

On a suffisamment été instruits. Les juristes dans ce pays, comme un peu partout en Afrique, ont des positions clivantes en fonction des intérêts qu'ils tirent à dire telle ou telle autre chose. Parce que, sous nos tropiques, les vertus se perdent dans les intérêts et on n'a aucune honte à dire une chose et son contraire. Ceux qui ont des intérêts avec le pouvoir, sans qu'ils soient forcément dans l'inexactitude, affirmeront que la constitution actuelle autorise le président à faire un 3e mandat. Les autres, puisqu'il n'y a pas de neutres dans ce pays, affirmeront que la constitution n'autorise pas un 3e mandat. Et de tous les côtés, ils s'étriperont pendant des mois, sans que cela ne change quoi que ce soit, au final à la vie de quelque ivoirien que ce soit. Car, en cas de candidature du président Ouattara, seul le juge constitutionnel pourra dire si oui ou non, cette candidature est valable ou pas, au regard de la constitution.

Et je ne vois pas le juge constitutionnel, prendre un arrêt, pour invalider la candidature du chef de l'État. Le président aurent Gbagbo a nommé son ami de tous les jours, membre des instances de son parti, à la tête du conseil constitutionnel, sans que cela ne le gêne d'aucune manière. Il a même répondu à son l'opposition de l'époque : "C'est parce que Yao N'dre est mon ami que je l'ai nommé à la tête du Conseil Constitutionnel". Le président Ouattara a nommé à la tête du conseil constitutionnel, un proche à lui. Chacun sait pourquoi il a fait sa nomination. Yao N'dre, s'est laissé posséder par le diable..on connait la suite.

Je ne vois vraiment pas pourquoi celui qui est aujourd'hui à la tête du conseil constitutionnel, irait contre la volonté de celui qui l'a nommé. Francis Wodie a démissionné sous nos yeux. Et Kone Mamadou n'est pas Francis Wodie. Alors, si le juge constitutionnel dit que la candidature du président Ouattara est recevable et valide, qui empêcherait par la suite, ce dernier d'aller aux élections? Je ne vois pas le PDCI-qui a perdu la moitié de ses militants en 20 ans et qui ne fait que se rabougrir selon le mot d'Ahoussou Jeannot, faire quoi que ce soit.

Le président Bedie lui-même a tripatouillé les textes de son parti pour supprimer les limitations de mandat. Il n'a donc aucune crédibilité à parler de limitation de mandat. Pour qu'un discours produise des effets, il faut que celui qui le tient, soit lui-même même crédible à aborder le sujet. Ce n'est pas le cas pour Bedie. Je ne vois pas non plus le Fpi, du moins la branche radicale ou majoritaire, en panne totale de stratégies, sans aucune relève crédible, champion du boycott improductif et qui s'est installé dans les incantations messianiques, luttant contre ses propres enfants (la branche Affi), et qui ne reconnaît pas la constitution actuelle, qui revendiquerait quoi que ce soit.

Quand on ne reconnait pas une constitution qu'on a déclaré "illégale ", on n'a aucune crédibilité à en revendiquer quelque application que ce soit. Donc le Fpi, branche GOqr, n'a aucune crédibilité à revendiquer quoi que ce soit lié à la nouvelle constitution. Et de toutes les manières, la justice ne reconnaissant que la branche dirigée par Affi N'guessan, je ne vois pas comment, sans réunification avant la présidentielle de 2020, cette branche pourrait présenter un candidat autre que Affi N'guessan, au nom du FPI.

La réalité est que le seul homme qui peut empêcher le président Ouattara de se présenter en 2020, c'est le président Ouattara lui-même. Par sa décision personnelle de ne pas y aller. Quant à ceux qui rêvent à une insurrection populaire dans un pays où le treillis ne fait plus le militaire, où les milliers de victimes des crises précédentes n'ont encore rien reçu en termes de dédommagement et où les derniers milliers de morts sont morts pour rien, on ne peut que leur souhaiter bon vent. Par conséquent, je trouve parfaitement inutile ce débat mais je n'empêche personne de s'y installer chaque jour, chacun est libre de s'exprimer et de penser, comme il l'entend.

A titre personnel, je souhaite que le président Ouattara s'en tienne à sa volonté déjà exprimée de ne pas faire un troisième mandat. Mais cela ne peut-être qu'un vœu qui n'engage que moi-seul. Si le président, en raison de ce que le peuple de Côte d'Ivoire a vécu en raison des palabres des mêmes politiciens depuis 30 ans, entend modifier l'actuelle constitution selon les règles internes de modification, pour réintroduire la limite d'âge de 75 ans, qui l'exclurait lui-même et tous ceux qui auront 75 ans révolus avant octobre 2020, comme cela était inscrit dans la constitution de 2000 votée à plus de 80%, j'applaudirais cette demarche qui ne serait que justice rendue au peuple de Côte d'Ivoire qui a clairement et majoritairement exprimée en 2000, sa volonté de ne plus voir à la tête de son pays, quelqu'un qui est âgé de plus de 75 ans.

Parce que la tranquillité du peuple de Côte d'Ivoire est une valeur Supérieure aux intérêts personnels de monsieur Ouattara, de monsieur Bedie et de monsieur Gbagbo. Et qu'il n'est plus acceptable que le sang d'un seul ivoirien soit encore versé à cause des palabres entre ces trois personnes. La réconciliation dont chacun veut se faire le chantre, n'est pas possible dans ce pays, tant que l'un de ces trois leaders, sera encore dans le jeu politique, après 2020. Par un étrange concours de circonstances, il appartient aujourd'hui à Ouattara, ironie du sort, de ramener définitivement la paix et la tranquillité dans ce pays. Il sait ce qu'il lui reste à faire pour cela. Parce que, c'est un gros leurre de penser que les élections de 2020 ne déboucheront pas sur une autre meurtrière crise politique, si on se retrouve encore sur la ligne de départ, les trois qu'on a vus en 2010. On ne peut plus, dans ce pays, inviter, tous les dix ans, le peuple ivoirien à aller voter pour son propre malheur.

Texte : Tiémoko Antoine Assalé 

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