On en sait un peu plus sur l'affaire Africa Steel, du nom d'une société de fer à béton, dont le propriétaire est opposé à Issiaka Diaby. Depuis septembre 2019, cette société est au centre d'un litige. Son fondateur et propriétaire, Chaabi Kalil, est opposé à Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de guerre de Côte d'Ivoire.

De quoi s'agit-il ? Selon des informations en notre possession, la société Africa Steel avait de sérieux problèmes financiers. Croulant sous le poids d'une dette de 1,8 milliards de Fcfa, la société devait être liquidée. Elle a fait appel devant la Cour d'Appel de Commerce d'Abidjan. En connexion avec M. Chaabi depuis des années, Issiaka Diaby propose d'aider la société à sortir la tête de l'eau. Il réussit à convaincre M. Chaabi, lui indiquant qu'il dispose de solides soutiens dans les arcanes du pouvoir. Vu son rôle dans l'affaire des victimes de guerre. Connaissant Issiaka Diaby depuis de nombreuses années, M. Chaabi lui fait confiance. Surtout qu'un protocole d'accord a été signé entre les deux parties selon lesquelles Issiaka Diaby devait endosser la dette pour mettre fin à la procédure collective en cours en évitant ainsi la liquidation de la société et également le chômage aux employés.

Seulement voilà ! De septembre à décembre 2019, Issiaka Diaby n'a pu donner de garanties aux banques quant à sa capacité de s'acquitter de la dette. Pas plus qu'il n'a fourni un document pour convaincre Chaabi à cet effet. Du coup, le propriétaire de Africa Steel sent que quelque chose ne tourne pas rond. Surtout que la société est sur initiative de M. Diaby, surveillée par des agents des forces de sécurité. Ayant des difficultés à accéder à la société et constatant que certains biens de l'entreprise sont distraits par M Diaby, Chaabi décide de réagir en saisissant son conseil. Dans l'intervalle, d'autres éléments de forces de sécurité font une descente à Africa Steel pour vérifier la présence des militaires à l'endroit. Dans la foulée, Issiaka Diaby est interpellé et transféré à la brigade de recherche le 7 novembre dernier. Sur place il fait sa déposition et rentre chez lui avant de porter plainte contre Chaabi. Depuis cette épisode, la famille Chaabi est dans un tourbillon politico judiciaire. Le vieux Chabbi est constamment convoqué pour une société qui lui appartient. Il a manqué de se faire illegalement déférer à la Maison d'arrêt et de correction, vendredi 6 décembre dernier.

Convoqué à la brigade de recherche ce vendredi, il est conduit au tribunal de Yopougon avant d'être retenu au violon. N'eût été la vigilance des avocats, il serait sans raison en prison. Finalement, l'affaire a été confiée à un juge d'instruction qui découvre que le dossier est vide. M. Chaabi est relâché. Pendant qu'il pensait que l'affaire est finie, il reçoit une autre convocation, cette fois, de la police économique. L'affaire a quitté le tribunal du commerce et le civil pour se déporter au pénal. "Son objectif, c'est de me spolier et me faire condamner pour exploiter ma société et ensuite m'abandonner avec mes créanciers. Jusqu'à preuve du contraire, je suis endetté et Issiaka n'a pu fournir de garanties aux banques pour endosser la dette. S'il a un document qui le prouve, qu'il le sorte. La stratégie, c'est d'exploiter ma société et disparaître pour me laisser les dettes. Or, s'il vend tous les biens de l'entreprise, mes créanciers vont me poursuivre en justice puisqu'il n'y aura rien à liquider", a déclaré, peiné, Chaabi Kalil, qui ne sait plus à quel saint se vouer. "Laffaire est au tribunal. Nous avons porté plainte contre Issiaka Diaby et curieusement, c'est nous qui sommes harcelés et humiliés. Nous sommes dans un État de droit et c'est inacceptable ce qui se passe. Issiaka a abusé de nous et tente de nous anéantir", a renchéri M. Chaabi. Malade, ce septuagénaire craint pour sa santé et sa vie. Il soupçonne des manoeuvres à un certain niveau pour le déposséder de sa société.

Du côté de Issiaka Diaby, on crie à la trahison. Selon l'un de ses proches, le président des victimes de guerre aurait obtenu des banques l'apurement de la dette de Africa Steel. "Nous avons fait des propositions aux banques. Nous nous sommes engagés à payer les dettes. Dans le contrat, la société m'a été cédé à 1f symbolique", se défend Issiaka Diaby. Il indique avoir effectivement signé un protocole d'accord portant sur le rachat de la dette. "Il a écrit aux banques", indique une source proche de M. Diaby. Qui ajoute que M. Chaabi veut récupérer quelque chose qu'il a cédée.

Pourtant dans les faits, la réalité est toute autre. Étant une SARL, Africa Steel ne peut avoir un nouvel acquéreur sans un minimum de procédure. À savoir une réunion du conseil d'administration avec une Assemblée générale des actionnaires pour désigner Diaby comme nouveau propriétaire. Or, ça n'a pas été le cas et M. Chaabi reste encore signataire des documents de Africa Steel. "S'il indique être le nouveau propriétaire, pourquoi n'a-t-il pas accès aux comptes de la société. Mieux, M. Chaabi a encore ses bureaux à Africa Steel", indique un actionnaire. Manifestement, il y a anguille sous roche et la justice devrait regarder de près cette affaire pour éviter de causer du tort à l'une des parties. Car, un jugement mal rendu pourrait être préjudiciable pour Africa Steel et ses travailleurs qui sont pour la plupart au chômage. L'une des pièces importantes de l'usine est entre les mains de M. Diaby qui refuse de la rendre.

Pour sa part, dans le camp Diaby, l'on est déterminé à aller au bout. Quitte à jeter ses dernières forces dans la bataille en vue de récupérer la société.

Une source proche du tribunal du commerce relève, au regard du dossier, que la société n'est pas encore la propriété de M. Diaby étant entendu que l'acte de cession obéit à des procédures. Cette source déclare la police économique incompétente pour instruire l'affaire. "Il y manifestement un abus. La police économique est incompétente. Elle joue sa crédibilité dans cette affaire", conclut la source.

Reine MELEDJE

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