Le salon du livre est lancé

 ''Tout développement tourne autour de ce geste simple de lire. J’attends encore ce jour lointain, où le président de la République, lui-même, avec tout le gouvernement au grand complet, y compris les chefs des grandes institutions participeront activement au salon du livre en Côte d’Ivoire, ou bien à une autre activité culturelle d’importance nationale. Je dis bien le président de la République lui-même. Je ne vous parle pas de ministres. Leur visite en ces lieux n’a jamais créé un buzz suffisant pour la promotion effective de la lecture en particulier, de l’art et la culture en générale'', dixit Dr Issiaka Diakité-Kaba, un éminent écrivain qui enseigne aux États-Unis (Usa) et en Côte d’Ivoire. Auteur de plusieurs ouvrages sur le roi du Mandé, Soundjata Keïta, dans lesquels il recrée le parcours historique et épique de l’unificateur et fondateur de l’empire du Mali au XIIIe siècle, l’enseignant-écrivain a expliqué, ce mardi 16 avril 2019, à l'occasion d'une rencontre littéraire, à Treichville, ce qui justifie ses motivations à écrire sur des personnages historiques africains, tels que Soundjata Keïta et Samori Touré. ''L'interêt pour des personnages héroïques tels que Soundjata Kéita ou l'Almamy Samori découle d'abord, du fait que je suis Africain et tout ce qui concerne l’histoire africaine m’intéresse au plus haut point. Paradoxalement, c’est la vie aux Usa, qui m’a poussé à vouloir explorer sérieusement et systématiquement notre passé'', explique Dr Issiaka Diakité-Kaba, non sans préciser:"Au cours de voyages et au fil de rencontres, on se rend compte par hasard (même si le hasard n’existe forcément pas) qu’il faut d’abord se connaître, avant de prétendre connaître l’autre, d’appréhender autrui et d’analyser le monde". Relativement à «Wassulu», une triologie sur Samori Touré dont le tome 1 sera dédicacé bientôt, l'écrivain instruit que cet intitulé ramène à une région du Mandé. ''C’est une région qui a donné son nom à l’empire de Samori. Wassulu, en tant que région, pour moi, symbolise un point focal, un centre d’action et d’unité à partir duquel rayonnait l’empire de Samori'', rappelle Dr Issiaka Diakité-Kaba, tout en indiquant que le choix d'une trilogie avait pour but d'éviter que le texte publié soit trop volumineux. Pour l'enseignant-écrivain, chacun doit apporter sa contribution pour sortir ce continent de la sinistrose. C'est pour cette raison qu'il n'a de cesse de laisser entendre:''A mon niveau, j’écris, j’enseigne. C’est un peu ma contribution à l’effort, pour aider à la prise de conscience''. Puis de déplorer qu'en Afrique, c’est un acte ingrat que d’écrire et d’être auteur. Toutefois, Dr Diakité-Kaba ne manque de confier que dans cette activité, il faut comprendre que cela exige d'être ‘’on the move’’ c'est-à-dire dans le mouvement des pays qui avancent. ''Apprenons des autres. Quand on est le dernier d’une classe d’une centaine d’écoliers, on doit déployer cent (100) fois plus d’effort pour remonter la pente'', conseille-t-il, avant d'interroger: "Regardons autour de nous ! Vous pensez vraiment qu’on a réussi à prendre conscience, qu’on est sérieux à appliquer la discipline nécessaire pour nous hisser au sommet ?". Et l'éminent enseignant-écrivain d'ajouter que c'est ce qui justifiait le titre de son premier roman, ‘’Sisyphe …l’Africain’’, publié en 2008. A en croire Dr Issiaka Diakité-Kaba, les dirigeants africains semblent s'être abonnés à un recommencement sans fin, sur le fameux chemin du développement. Il est est convaincu qu'en résolvant sérieusement cette équation, le chemin sera moins cahoteux. Rappelons qu'à la suite de la rédaction de son PhD ― doctorat― dans lequel il a étudié le parcours dynamique et symbolique du griot, dans l’œuvre d’Ahmadou Kourouma, il s'est retrouvé à explorer certains aspects des traditions africaines : la parole, le mythe, les contes, les légendes, les religions traditionnelles, etc. C’est donc par interrogations successives, pour répondre à certaines de ces préoccupations, qu'il a choisi d’écrire une œuvre littéraire : « Sunjata, The Lion », un théâtre bilingue (français-anglais) pour ses étudiants américains. Ensuite, une publication uniquement en français, « Soundjata, Le Réveil du Lion » (Le jour où la Parole fut libérée) ― qui, d’ailleurs, est recommandée par le ministère de l’éducation nationale de Côte d'Ivoire, pour la lecture en classe de Seconde.

Cheick DIA

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