Une procession sur une distance de 1,3km, a été organisée le lundi 8 avril 2018, en hommage au célèbre écrivain et homme politique, Bernard Binlin Dadié, décédé le 9 mars 2019, à Abidjan. Initiée par la Fondation Bernard Binlin Dadié, l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (Aeci) et le Burida, cette marche aux flambeaux, en hommage au père des lettres ivoiriennes, a été une occasion pour la Directrice générale du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida), Irène Assa Vieira de rendre hommage à l’un des plus anciens sociétaires de la maison des droits d’auteur ivoirien. « Cette maison est la maison de Bernard Dadié qui membre du Burida. C’est sous sa signature, en qualité de ministre en charge de la culture, que le Burida a été créé en 1981. Par la suite, il a été membre du Conseil d’administration et a contribué à la promotion des droits d’auteurs à travers plusieurs organisations internationales. C’est donc un devoir pour nous de lui rendre hommage », a indiqué Mme Irène Vieira dans son discours de bienvenue. Avant cette étape, la procession en hommage à Bernard Dadié, a pris forme au premier carrefour après le feu de Paul (Ex-Paco, direction Ena), marquant l’entrée de la rue Bernard Dadié qui se prolonge jusqu’ au Burida en passant par l’intersection de l’Avenue Boga Doudou aux Deux Plateaux Vallon. Fanfare, chants, bougies allumées donnaient un cachet particulier au rassemblement. Avant que Josué Guébo, le chef d’orchestre de la marche, ne donne le départ de la procession. Sur ce parcours où se disputaient émotions et fierté, les écrivains Josué Guébo, Chantal Safi, Claire Dadié, Logbo Elisabeth s’évertuaient, à travers une lecture de textes de Dadié, à transporter les marcheurs dans la ferveur de la plume de l’auteur. « La nuit est bien silencieuse, tu dors et je veille. Tu rêves sans doute et moi, j’égrène nos souvenirs en t’écoutant respirer. La nuit est bien silencieuse, tu dors. Et moi, je veille sur notre amour(…) Je suis le vieux guetteur qui monte la garde sur les remparts. Je sais comment on prend une ville, je sais comment on perd un cœur. Tu dors, et je veille… ». Ces vers tirés du poème intitulé ‘’Tu dors’’ de l’auteur, ont fait revivre Bernard Dadié dans sa rue. Tout comme ceux de ‘’Je vous remercie mon Dieu’’ : « Je vous remercie mon Dieu de m’avoir créé noir. D’avoir fait de moi la somme de toutes les douleurs mis sur ma tête, le Monde(…). Le blanc est une couleur de circonstance, le noir la couleur de tous les jours. Et je porte le monde depuis le premier soir. Je suis content de la forme de ma tête faite pour porter le monde, satisfait de la forme de mon nez qui doit humer tout le vent du monde, heureux de la forme de mes jambes prêtes à courir toutes les étapes du monde…». Ou encore, ceux de ‘’Black star’’. Pendant 1h30mn de marche, le ‘’Vieux guetteur’’ a veillé sur sa rue, laissant en héritage sa pensée qui appelle les uns et les autres à la création : « Créons pour ne pas mourir des imitations ».

Cheick DIA

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