
Le prix garanti de 1 200 FCFA le kilo, en vigueur depuis l’ouverture de la grande campagne cacaoyère 2026-2027, le mardi 1er septembre, représente au moins 60 % des cours mondiaux observés au moment où le Conseil du Café-Cacao vendait la récolte par anticipation, entre mars et juin, selon une note explicative dont infoplus.ci obtenu copie mardi.
Le document répond aux acteurs de la filière qui jugent ce prix inférieur à leurs attentes ou à ceux d’autres pays producteurs. La moyenne des ventes réalisées par le régulateur entre mars et juin s’est établie à 1 940 FCFA le kilo, en ligne avec un marché mondial qui oscillait alors entre 2 200 et 2 800 livres sterling la tonne, soit 1 680 à 2 138 FCFA le kilo. Les 1 200 FCFA retenus représentent un peu plus de 60 % de cette moyenne.
Sur ces quatre mois, la Côte d’Ivoire a placé auprès des exportateurs des contrats portant sur 1,1 million de tonnes, une opération qui lui prenait neuf mois les années précédentes. Le marché était alors « en chute de près de 70 % à cause de la conjoncture mondiale », précise la note.
Les cours ont remonté après la clôture des ventes
Les cours mondiaux tournent aujourd’hui autour de 4 300 livres la tonne, soit 3 284 FCFA le kilo. Mais l’embellie n’a commencé qu’en août, alors que le régulateur avait clos ses ventes de contrats en juillet. « La Côte d’Ivoire, tout comme les autres pays producteurs de cacao, ne fixe pas les prix du cacao sur le marché mondial mais les subit », souligne le document, pour qui « personne ne peut prédire l’avenir sur ce marché ».
Le texte s’appuie aussi sur les coûts de production, estimés à 1 000 FCFA le kilo par les études du Conseil du Café-Cacao, régulateur de la filière depuis 2012. Ce chiffre sert de « baromètre » à la fixation du prix bord champ. « Par conséquent, le prix garanti de 1 200 FCFA/kg pour la grande campagne cacao ne peut pas être considéré comme étant un prix dérisoire », affirme-t-il.
La note rappelle enfin que la Côte d’Ivoire pratique la vente anticipée de son cacao depuis l’indépendance, à l’exception de la libéralisation de 2000 à 2011, sous le régime du FPI, où exportateurs, acheteurs et pisteurs fixaient eux-mêmes des prix variables d’une région, d’une ville ou d’un acheteur à l’autre. Depuis 2012, l’État s’est engagé à payer au moins 60 % du prix international, un engagement « de tout temps respecté ».
Dans un marché en perpétuelle fluctuation, « ce qui semble être un bon prix garanti aujourd’hui le sera beaucoup moins demain », conclut le document. Ce prix est, selon lui, « le maximum que la Côte d’Ivoire puisse fixer dans le contexte actuel » et, « s’il est respecté par les acheteurs, il devrait procurer des revenus décents aux producteurs ivoiriens de cacao ».
Pierre Mélèdje
