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Les manœuvres de Simone pour tourner la page Gbagbo

Entre Simone Gbagbo et son époux, le torchon brûle

La première épouse de l’ancien président, Laurent Gbagbo est engagée à fond contre le troisième mandat du chef de l’Etat sortant, Alassane Ouattara. Elle avait déjà donné le ton, le 11 août 2020 au cours d’une conférence de presse, après une longue période de silence. Face aux journalistes, Mme Gbagbo avait été particulièrement incisive chargeant le pouvoir en l’accusant de préparer une ‘’fraude massive’’. « Nous ne cèderons ni à aucune répression, ni à aucune intimidation. Plus personne ne pourra nous intimider quand il s’agit de l’avenir de la Côte d’Ivoire. Levons-nous quels que soient notre ethnie, notre religion pout barrer la route à toute forme d’imposture. Reprenons en main le destin de notre nation », avait-elle menacé.

Ses déboires familiaux

Simone Gbagbo a été incisive
Simone Gbagbo a été très incisive pendant sa conférence de presse 

 

En fait, Simone Gbagbo vit un double drame familial et politique. Sa famille est pour ainsi dire, disloquée. Depuis sa séparation avec Laurent Gbagbo à l’hôtel du Golf en 2011, les deux ne se sont presque plus parlé. A la Cour pénale internationale (Cpi) où il a été transféré, Gbagbo a coupé tout contact avec elle. Quand elle a été amnistiée en août 2018, quelques mois plus tard, l’ancien chef de l’Etat notifie, par voie d’huissier, une demande de divorce. Il communique avec celle qu’il considère désormais comme son ex par personne interposée. Nos sources d’informations parlent de l’ambassadeur Aka et M. Labry. Quand elle reçoit la demande de divorce, Simone Gbagbo est abattue. Elle demande un temps de réflexion et finit par opposer un refus. Mais elle est consciente qu’elle a perdu Laurent Gbagbo…à jamais. Avec Michel Gbagbo également, les relations sont exécrables. Le fils aîné de Gbagbo s’est radicalement rangé du côté de son géniteur. Le contact est également rompu. C’est lui qui a signifié à Mme Gbagbo, lors de la tournée de cette dernière, il y a un peu plus d’un an à Mama, à Gagnoa, que son père refuse l’accès à sa résidence privée. Simone en est partie meurtrie.

Sa survie politique

 

L’ancienne première dame ne veut pas tout perdre. Elle compte exister contre vents et marrées, surtout qu’elle revendique, au même titre que son époux, la paternité du Front populaire ivoirien (Fpi). Mais l’emprise de Gbagbo est encore forte sur le parti. Quand elle sort de prison, elle trouve un Aboudrahamane Sangaré plus fort que jamais. Elle se range à ses côtés dans l’espoir de jouer un rôle important. Le décès de M. Sangaré aurait pu lui permettre d’atteindre ses objectifs. Malheureusement pour elle, Laurent Gbagbo réorganise rapidement son parti. Simone Gbagbo, deuxième vice-présidente, devra encore attendre un peu. Pire, elle devra jouer les troisièmes rôles. Gbagbo devient président du Fpi. Il nomme Assoa Adou comme secrétaire général avec d’immenses pouvoirs. Simone Gbagbo ne peut même pas convoquer une réunion. Elle reçoit le communiqué de son époux comme un coup de massue. Pour elle, c’est une humiliation de trop. Mais elle fait profil bas, pour éviter de tout perdre. Quant à Assoa Adou, il ne répond que de Gbagbo. Lors de la dernière réunion du Fpi, Simone Gbagbo avait souhaité rencontrer Assoa Adou chez elle pour convenir ensemble d’un ordre du jour. Le secrétaire général a refusé de venir. Simone a boycotté la réunion. Assoa Adou confie en privé, à ses proches, qu’il ne peut accepter de se faire commander par Mme Gbagbo. « C’est fini ça. Je ne peux accepter de me faire commander par Monsieur et Madame ! », lâche-t-il, au détour d’une causette entre intimes.

Entre Simone et son époux, le torchon brûle
Entre Simone Gbagbo et son époux, le torchon brûle 

 

Ses échecs successifs

 

Lors de sa récente visite à Gagnoa pour adresser sa compassion suite aux manifestations dans la ville, Danon Djédjé, cadre du Fpi et proche de la famille de Gbagbo a donné des instructions fermes aux fédéraux du parti. Il leur a demandé de ne pas s’associer à cette visite aux relents politiques. Michel Gbagbo, lui, était à Mama pour empêcher une visite de sa belle maman à la famille. Simone Gbagbo n’était accompagnée, à l’occasion, que d’une poignée de fidèles parmi lesquels l’ex-gouverneur de la Bceao, Dacoury Tabley. Malgré la forte adversité, Simone Gbagbo ne baisse pas les bras. Elle compte se battre jusqu’à sa dernière énergie, quitte à affronter plus tard son époux. Mais pour l’instant, il lui faut une stratégie plus élaborée. Avec son directeur de cabinet, M. Akpa, elle a monté une équipe restreinte pour réfléchir à son avenir politique. Il lui a été recommandée d’être plus présente médiatiquement et plus incisive. L’objectif, c’est d’éteindre Assoa Adou et se présenter comme la voix légitime du Fpi.

La vérité sur sa contamination à la covid-19

 

Simone Gbagbo tente d'exister
Simone Gbagbo tente d'exister politiquement 

 

Le retrait de la candidature de Gbagbo qu'elle a souhaité de tous ses vœux et pour lequel elle est rentrée en conclave (prière) avec sa sœur Mme Ouattara Ehivet, est une réalité. Selon certaines indiscrétions, Mme Ouattara Ehivet, qui hait Marie-Odette Lorougnon, aurait même célébré en famille le retrait de la candidature de son beau frère de la liste électorale. Ce retrait devait permettre à Simone Gbagbo d’atteindre ses objectifs. Avec son équipe, Mme Gbagbo lance la réflexion. Nous sommes fin mars 2020. La décision arrêtée, c’est qu’elle se lance dans la course à la présidentielle. Le seul hic : les parrainages. Comment les récolter sans éveiller les soupçons. Puis survint la pandémie de la Covid-19. Le projet est mis en stand by. Mois de mai : Attéby William ne va pas bien. Début juin, il est interné au Service des maladies infectieuses et tropicales (Smit) du Chu de Treichville. Son cas empire et il décède jeudi 25 juin 2020. Simone Gbagbo est terrifiée, d’autant qu’elle a eu contact avec le défunt. Elle sollicite un dépistage pour elle-même et sa maisonnée. Les tests reviennent négatifs. Elle refait le test pour elle-même qui revient négatif. Mais la psychose demeure, dans la mesure où elle a une comorbidité. Pendant deux mois, elle évite tout autre contact. Son silence est aussitôt diversement interprété. Dans un contexte du retrait du nom de Gbagbo de la liste électorale, le silence de son épouse est troublant et donne lieu à des supputations. Pour rebondir, Mme Gbagbo trouve la parade : mentir sur son statut.

La manipulation

 

Elle fait une publication sur sa page facebook le 11 août 2020 à 9h du matin dans laquelle elle indique avoir été guérie de la Covid-19. La publication suscite un nombre record de 2994 commentaires et 1181 partages. Dans la foulée, elle annonce une conférence de presse pour l’après midi à sa résidence. Elle fait le buzz pendant cette journée où sa conférence de presse suscite 2473 commentaires et 2497 partages. Sa page qui n’était pas très connue (moins de 50.000 likes) est passée à plus de 100.000 abonnés. Beau coup de communication pour l’épouse de Gbagbo, qui se remet en selle. Sauf qu’elle n’avait pas prévu le ralliement du Pdci à la cause de Gbagbo pour combattre le pouvoir du président Ouattara. Qu’à cela ne tienne, Simone Gbagbo essaie de se frayer un chemin. Elle s’organise selon ses moyens, initie des rencontres avec des organisations de jeunes dans le but d’être au cœur de la ‘’révolution’’ contre le 3ème mandat. Vendredi 25 octobre dernier, elle a reçu une organisation de jeunes avant les meetings éclatés de l’opposition. Elle compte faire de Bonoua, le point de départ de ‘’sa révolution’’.

Stanislas KOFFI