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Lâché par la communauté internationale, le conseil national de transition vole en éclat

Lâché par la communauté internationale, le conseil national de transition vole en éclat
Publié le: 3 novembre 2020
La transition est un projet mort-né

Ils y avaient crû jusqu'à ce mardi 3 novembre 2020. Les opposants, réunis au sein d'un conseil national de transition, ne regardent pas dans la même direction. Tout débute le dimanche 1er novembre. Après le scrutin présidentiel, le comité centrale du Front populaire ivoirien (Fpi) proche de l'ancien président, Laurent Gbagbo, s'est réuni. À l'ordre du jour : la mise en place d'un conseil national de transition (Cnt) Selon une source ayant participé à la réunion, le débat fut houleux. Il y avait d'un côté, ceux qui étaient pour et de l'autre, ceux qui sont contre. Pour trancher, le comité a joint, séance tenante, Laurent Gbagbo pour avis. Celui-ci a clairement fait entendre qu'il s'y opposait fermement parce qu'il n'y a ni soutien diplomatique, ni soutien national au projet. Il en a profité pour désavouer Simone Gbagbo qui avait clairement appelé à la mise sur pied d'une transition. La décision a été notifiée au président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié. Celui-ci a souhaité en discuter personnellement avec Laurent Gbagbo, le lundi 2 novembre 2020.

Ce lundi donc, réunis à la résidence du président Bédié, les débats ont repris. Bédié convaincu Gbagbo du fait qu'en Côte d'Ivoire, l'opposition maîtrise le terrain et que son soutien pourrait être déterminant. Finalement, Gbagbo a accepté du bout des lèvres et a émis une réserve : plus question pour Gbagbo que Pascal Affi N'guessan soit le porte-parole de la transition. Silence pendant la réunion. Finalement, Bédié a accepté la condition de Laurent Gbagbo. Affi venait d'être sacrifié. 

Ce mardi 3 novembre, alors que l'opposition tentait d'animer d'une conférence de presse pour définir les contours de la transition, les forces de sécurité ont pris d'assaut la résidence de Konan Bédié. Des arrestations y ont été faites, demantelant ainsi un Cnt. 

De son côté, Tidjane Thiam, qu'on annonçait dans le Cnt s'est désolidarisé. Il a clairement fait savoir au président Bédié qu'il ne se sentait pas concerné par une telle initiative. D'ailleurs, sur sa position vis-à-vis de l'opposition, une source proche de l'ancien patron du crédit suisse a été clair. Tidjane Thiam n'a jamais parlé à Affi N'guessan. Il a d'ailleurs été surpris de la sortie de M. Affi annonçant son soutien à l'opposition. "Quand Affi a fait l'annonce, Tidjane Thiam était surpris. En fait, quand Bédié a demandé à Affi N'guessan d'où tirait-il son information, il lui a confié que c'est un intime de Thiam qui lui a donné l'information", nous a révélé notre source d'information. 

L'Organisation des Nations unies, l'Union africaine et la Cedeao ont appelé l'opposition à revoir leur position et à respecter la légalité constitutionnelle.

Jean-Baptiste ASSI