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INTERVIEW | Baudouin Yapo : " La clémence du Président Ouattara est obtenable si... "

INTERVIEW | Baudouin Yapo : " La clémence du Président Ouattara est obtenable si... "
Publié le: 9 novembre 2020
Bodouin Yao s'est prononcé sur l'actualité politique

Baudouin Yapo, juriste et militant politique du RHDP, récemment membre de la Direction centrale de campagne chargée de la Jeunesse du Candidat Alassane Ouattara, répond à La Rédaction dans une interview accordée sur la situation sociopolitique.

La Rédaction (LR):  Le Conseil Constitutionnel vient de valider l'élection du Président Alassane Ouattara. Quel voeu avez-vous pour son mandat ?

Baudoin YAPO (B. Y) : Un vœu de grand succès pour notre Pays. Nous sortons d'une élection où les Ivoiriens lui ont accordé un large suffrage, même s'il reste à déplorer quelques incidents. La CEI l'annoncé, le Conseil Constitutionnel le confirme. Et le Président Ouattara devra poursuivre son travail. Il a présenté un si beau projet avec pour label " La Côte d'Ivoire Solidaire ". C'est une continuité. Déjà, le Programme Social du Gouvernement porte ses fruits au bénéfice des Ivoiriens. Après l'intense construction des infrastructures de première nécessité, tels les routes, les ponts, les établissements de santé, les écoles, l'électrification, l'adduction en eau potable etc... - comme ça a toujours été une priorité pour des Pays sortis de guerre -, son nouveau projet donne une place majeure à l'industrialisation et à la production des richesses.

LR : Pendant ce temps, comme certains opposants depuis la semaine dernière, c'est l'arrestation du Président du FPI, Pascal Affi N'guessan ? Que vous inspire cela ?

B.Y: Oh que c'est consternant ! Ça aurait dû être autrement. Puisque l'homme, je l'ai connu. À partir de 2014, il éprouve une fronde au sein de son Parti. Et il aimait dire à ses détracteurs : " Si on me convainc qu'on a les moyens d'aller à la confrontation face à Ouattara, je suivrai. Sinon, ce serait suicidaire. Nos cadres sont déjà en prison, en exil. Il faut modérer notre manière de faire et dialoguer. " Il le disait bien. Mais je suis surpris de le voir dans cet état. J'ai le sentiment qu'il a été trompé. Aussi, avec un FPI qui n'a pas pu être réunifié et une candidature du Président Gbagbo revendiquée par une partie, il avait peu de chance de réussir une aventure présidentielle en 2020. Il n'avait d'autre choix que s'accorder avec cette logique radicale, subversive et séditieuse des autres. C'est triste. Et c'est regrettable.

L.R : Ces arrestations de leaders d'opposition avec l'encerclement armé de leurs domiciles se trouvent être exagérées selon leurs militants. Qu'est-ce que vous en dites ?

B.Y : Avant la période électorale, et même en campagne, il n'y avait pas cette vague d'arrestations. Il y a eu des actes horribles entrainés par la désobéissance civile qui a engendré des dégâts humains et matériels. Et cela ne leur a pas suffi, ils annoncent une institution parallèle à l'ordre constitutionnel en insinuant qu'après le 31 Octobre, il y a une vacance de Pouvoir. Ce n'est pas vrai. Même si on vient à leur concèder qu'il n'y a pas eu d'élection, l'article 59 de la Constitution qu'ils prétendent défendre dispose que le Président de la République demeure en fonction jusqu'à la prestation de serment du nouvel élu. Mais voilà qu'ils se sont dévoilés. Leur problème est donc ailleurs. Et leur arrestation suite à ces actes qualifiés de terrorisme, ces actes attentatoires à l'autorité de l'État et à l'intégrité du territoire national, et qui constituent des crimes politiques graves, est l'expression de la loi pénale.

L.R : Mais ils soulèvent des revendications, telles que le retrait de la candidature du Président Ouattara qui, selon eux, est anticonstitutionnelle, la réforme de la CEI et du Conseil Constitutionnel, le retour des Exilés politiques etc.

B.Y : Quant à la candidature du Président Ouattara, le débat sur son éligibilité n'est plus à l'ordre du jour. Depuis 2016, il y a eu des avis divergents, et cela même au sein du RHDP. Et le seul organe habilité à statuer, c'est le Juge Constitutionnel qui a estimé qu'il n'y a de continuité législative que pour les lois infraconstitutionnelles, et qu'il s'agira d'un premier mandat de la 3ème République. Le débat juridique s'arrête là. Il aura fallu participer aux élections pour que les Ivoiriens décident. Il y a eu des candidats qui ont désisté car pour eux, la CEI n'est pas crédible. Et pourtant, c'est à cette CEI qu'ils ont fait acte de candidature. Il y a eu des concessions après la décision sur la forme de la Cour Africaine, et malgré le retrait de l'État de Côte d'ivoire. Le PDCI a bénéficié d'un siège à la Centrale. Un certain M. Bamba avait été désigné et, au jour de sa prestation de serment, il s'est absenté. En outre, il devait avoir une reprise des élections aux CEI locales, et c'est en ce moment que tout à coup, le FPI a sorti son représentant de la CEI. Il y a des politiques qui, en voulant échapper à la justice de leur pays, se sont eux-mêmes exilés. D'autres sont en situation de justice internationale, ceux-là ne sont pas des exilés.

Il y a eu quatre candidats retenus parmi lesquels le candidat du FPI et le candidat du PDCI, deux des trois grands Partis dans notre Pays. C'est déjà là la preuve d'une élection inclusive. Mais en vérité, je le disais, M. Affi est en difficulté de participer à une élection. Le Président Bédié qui, en l'état actuel du PDCI où de hauts cadres politiques sont restés au RHDP, voulant tabler sur son alliance avec le Président Gbagbo, ne pouvait y arriver, parce que les GOR, après l'invalidation du dossier de leur candidat appelleraient au boycott. Rappelez-vous que le Président Bédié a essuyé leur courroux quand il a manifesté sur sa page Facebook, sa joie d'être retenu, et il s'est amené à faire une autre publication pour soutenir messieurs Gbagbo et Soro. En tout, lesdites revendications n'étaient que des prétextes politiciens pour échapper à l'élection présidentielle. Et voilà qu'ils ont voulu emprunter la voie de la facilité par vouloir instaurer une transition, jamais prévue par aucune loi de notre Pays, là où les Ivoiriens viennent d'élire le Président Ouattara avec brio.

L.R : Vos anciens camarades ont du mal à comprendre votre engagement pour le RHDP, vous un pur produit du FPI. Vous avez même été membre influent du bureau national de la jeunesse de ce Parti. Qu'est ce qui a motivé votre choix pour Alassane Ouattara ? 

B.Y : Écoutez !, le FPI est le premier parti auquel j'ai accédé après mon militantisme étudiant. Et cela n'étonne pas pour quelqu'un issu d'une famille FPI. Le message qui lui passe à l'esprit depuis son enfance, le conditionne à être FPI. Au Nord de mon pays, il existe des militants RDR comme au Centre, des militants PDCI qui sont logés à la même enseigne. Mais il faut vivre le Parti pour le connaître. Vous savez qu'après avoir été sympathisant, je deviens militant quand il connaît deux camps, celui d'Affi N'guessan et celui des appelés Gbagbo ou Rien qui se réclament tous du même Parti. Vous voyez que la Côte d'Ivoire mérite déjà mieux que ça. (Rires). Je suis jeune. Je fais la politique de mon temps. Je refuse d'être héritier de la haine et des ressentiments. Et en mon temps, la Côte d'ivoire se construit grâce à la Gouvernance du Président Ouattara. La Côte d'Ivoire est en mouvement vers la prospérité économique. Et le RHDP est un Parti d'avenir. Voyez-vous, il est créé il y a seulement 2ans, avec plusieurs sensibilités politiques associées. Mais contrairement à de vieux Partis, il y a une volonté de passer la main à une nouvelle génération. N'eut été le décès du Premier Ministre Gon Coulibaly, le Président Ouattara n'allait pas être candidat, si tant est qu'on était à 3 semaines du dépôt des candidatures. S'il voulait être candidat, il ne se serait pas obligé de déclarer le contraire devant le Congrès au point d'en avoir des félicitations de sommités politiques comme le Président Macron. Il ne se serait pas obligé. Et le RHDP qui a déjà connu des dissensions avec la désignation d'un successeur, ne pouvait s'offrir une autre scène d'effritement. Le RHDP est aussi dégagé des ambitions démesurées avec le départ de bien d'autres. Il reste un Parti des valeurs où servir le Pays est la chose la mieux partagée. J'y ai adhéré pour mon Pays.

L.R : On le sait, avec la situation de la Côte d’Ivoire actuellement, il va falloir repanser les plaies pour redémarrer et aller de l'avant. Pensez-vous que c'est toujours possible ?

B.Y : Oh que je suis optimiste ! J'y Crois. On était à une situation où la discussion n'avait plus de contenu partagé. L'Opposition voulait un report des élections. Le Pouvoir voulait respecter le délai constitutionnel. Et la finalité des positions tranchées, c'est ce à quoi on assiste. Vous savez qu'il a été promis la chute du Pouvoir avant le 31 Octobre. Si le RHDP perdait, il allait subir exils et emprisonnements. Il aura fallu, pour l'Opposition, le faire afin de maîtriser les choses avant de décrisper plus tard. Le RHDP a pris le dessus, des Opposants sont arrêtés. Il faut tout de suite savoir reculer, abandonner tout projet de sédition, revenir dans l'ordre constitutionnel et poursuivre sa vie d'opposant pour les échéances à venir. Et c'est ce que toutes les Chancelleries sont allées dire au Président Bédié selon le Représentant de l'Union Européenne. À partir de là, la clémence du Président Ouattara de laisser choir toute poursuite est obtenable. Il n'y a pas de sacrifice de trop pour la paix. Le Gouvernement, à travers le Ministre de la Justice, peut retirer sa plainte auprès du Parquet. Et puis on revient sur la table du dialogue pour l'avenir.

L.R : Comment pensez-vous que le président Alassane Ouattara puisse réussir son prochain mandat quand en plus des militants du FPI, il aura à dos ceux du PDCI-RDA et du GPS ?

B.Y : Quelle que soit la force de l'opposition, son rôle n'est pas de menacer le Pouvoir d'État. Son rôle c'est de proposer des projets aux Ivoiriens, de dire pouvoir faire ce que le Pouvoir ne fait pas et d'attendre une élection pour bénéficier de la confiance du Peuple. C'est ça la démocratie. Sinon, la force c'est tout aussi le poids des moyens. Vous voyez que malgré eux, le Pouvoir les a maîtrisés. Oui !, le Président Ouattara va réussir son prochain mandat dans la stabilité et la paix pour le bonheur des Ivoiriens.

L.R : Pour finir, en tant que jeune leader, quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes Ivoiriens ?

B.Y : Je suis né dans la moitié des années 90. Et la jeunesse d'aujourd'hui, sinon la population ivoirienne, est en nombre concentré sur les enfants des années 90 et après. Nous avons connu des moments difficiles de l'histoire politique de notre Pays. Nous devons refuser d'être une jeunesse manipulée et sacrifiée sur l'autel des ambitions politiques. Aujourd'hui, le Gouvernement travaille à l'emploi des Jeunes. Plus de 2 millions d'emplois déjà créés sur près de 9 millions de jeunes sur le marché de l'emploi. Et on pense que rien n'est encore fait. Il faut aussi que la Jeunesse entreprenne. Le financement des projets est aussi une réalité. Des témoignages surabondent. Il faut aller à l'information. L'agence emploi-jeune est redéployée sur le territoire national. Et c'est cela l'essentiel pour la Jeunesse. Je vous remercie.

Entretien réalisé par Yves TAPE