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Coup d'Etat manqué : Les faits qui accablent le Colonel Allah Kouakou Léon

Coup d'Etat manqué : Les faits qui accablent le Colonel Allah Kouakou Léon
Publié le: 8 février 2021
Col Allah Kouakou Léon pris la main dans le sac

Le Colonel Allah Kouakou Léon est cité dans une affaire de coup d'Etat manqué en Côte d'Ivoire, mi-décembre 2020. La rumeur de son arrestation avait enflé, obligeant le Colonel, anciennement attaché de défense à l'ambassade de la Côte d’Ivoire au Maroc, à réagir, le 4 février 2021. Dans une vidéo sur Facebook, Allah Kouakou Léon démentait l'accusation de son implication dans un quelconque coup d'Etat. Seulement voilà ! Trop de faits incitent à croire le contraire. L'officier supérieur de la gendarmerie n'est pas aussi blanc comme neige.

 

"Comment le coup a été préparé" 

 

Selon des sources bien introduites au sein de la gendarmerie, Allah Kouakou Léon a bel et bien participé activement à plusieurs réunions pour préparer le coup qui a foiré. Les officiers arrêtés ont tous avoué avoir été en contact avec lui. Pendant la période pré électorale, c'est à dire en septembre et octobre, selon nos sources, Allah Léon a tenu plusieurs rencontres à Yopougon. Pendant l'une des réunions, il a suggéré à "ses frères d'armes" de sortir les blindés de la gendarmerie pour soutenir les manifestations de rue. Car pour lui, si la gendarmerie entre en scène, les populations suivront l'élan pour faire chuter le pouvoir en place. Il faut dire que cette réunion était aussi coordonnée par un haut gradé de la gendarmerie en poste au camp d'Agban. Celui-ci se faisait représenter régulièrement aux réunions par un capitaine dont nous tairons aussi le nom. C'est ce capitaine, au cours de la réunion, qui marqué sa désapprobation face à la stratégie du colonel Allah, arguant que la gendarmerie ne pouvait sortir des blindés que si l'insurrection était une réalité. Or, soutient ce capitaine, ce qui n'est pas le cas puisque les populations semblent ne pas adhérer aux mots d'ordre de l'opposition. De retour à Agban pour faire le rapport, le capitaine signifie au haut gradé les risques d'une opération militaire en Côte d'Ivoire.

 

"Commissaire Lezou, cousin de Allah Kouakou, avoue..." 

 

Étant donné que le Col Allah n'est pas sur place à Abidjan, c'est son cousin, commissaire Lezou, en poste au 6ème arrondissement de Koumassi, qui gérait le "PC" (Poste de commandement). Il était soutenu par le Col Akpo. Tous ceux là ont été pris la main dans le sac. Un ancien instructeur de la gendarmerie était aussi dans le coup. À la retraite, c'est lui qui était chargé de faire la liaison avec la Cellule chargée de frapper. Après avoir raté l'occasion d'empêcher la présidentielle, la Cellule devait frapper avant l'investiture du président Alassane Ouattara. Allah Kouakou Léon a pris un congé maladie pour coordonner les opérations. Il a quitté le Maroc pour l'Europe où plusieurs fois, il a eu des contacts avec Kader Fofana, aide de camp de Guillaume Soro. Les fins limiers de la gendarmerie nationale ont intercepté des messages qui corroborent le coup en préparation. Les officiers et sous officiers impliqués dans cette énième tentative de coup d'Etat ont presque tous été pris. Tous ont cité Allah Kouakou Léon dans leurs dépositions. C'est d'ailleurs ce qui explique le long silence du Col Allah qui a pris une douche froide suite à l'échec du coup de force. Déstabilisé, il a gardé le silence avant de réapparaître dans une vidéo. Si tant est qu'il ne se reproche rien, pourquoi ne rejoint-il pas son poste au Maroc ? Pourquoi n'entre-t-il pas en Côte d'Ivoire ? En réalité, il sait que les carottes sont cuites pour lui.  

Jean-Baptiste ASSI