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CI/Poussé dans le dos, Bédié joue sur la fibre ethnique

CI/Poussé dans le dos, Bédié joue sur la fibre ethnique
Publié le: 21 novembre 2020
Bédié s'est recroquevillé sur sa tribu

Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié, est désormais le chef d’un clan, d'une tribu. Les derniers événements liés au boycott actif de la présidentielle le prouvent aisément. Les zones les plus chaudes ont été les zones à forte concentration de la communauté Baoulé : Daoukro, Dimbokro, des zones de Yamoussoukro, Toumodi, M’batto, Bocanda, Bongouanou. Les affrontements y ont été particulièrement violents avec morts d’hommes. Heureusement qu’au-delà de ces zones baoulé, la situation a été plus calme. Le Pdci, sous Henri Konan Bédié, s’est considérablement rabougri. Le parti ne fait plus rêver à cause de la promotion de la gérontocratie. Henri Konan Bédié, 86 ans, ne peut incarner l'avenir, selon l'un des conseiller de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro. Dans son entourage immédiat, sa tribu y a pignon sur rue. Aujourd’hui, après l’éviction de Maurice Kakou Guikahué, arrêté et détenu dans le cadre de la promotion d’une insurrection populaire et militaire, on a vu la montée en puissance des concepteurs de l’Ivoirité. L’on note la présence de Niamkey Koffi et Ehouman Bernard, des clans qui combattaient farouchement Guikahué. Bédié est d’autant plus tribaliste, qu’au lendemain des événements malheureux liés à la création d’un Comité national de transition (Cnt), il a reçu la visite arrangée d'une prétendue chefferie Baoulé. Et depuis lors, à "Bédiékro", il n'y a que du Baoulé. Sa responsable communication, Djénébou Zongo, est aujourd'hui accusée de trahison. Son patronyme ne joue pas en sa faveur. Jean-Louis Billon est quasiment invisible, lui qui était chargé de la propagande. Il a confié à des proches avoir été déçu de la tribalisation du débat au Pdci.

Concernant la visite des prétendus chefs Baoulé, selon des sources d’infirmations bien introduites, il ne s’agissait que de chefs de quartiers d’Abidjan drapés dans des accoutrements de chefs et convoyés par les soins de Allah Kouadio Rémi et Yacolo, le géniteur du chef du protocole de Bédié. Des proches de Bédié l'en avaient dissuadé, considérant que cela pourrait porter un coup aux intérêts du Pdci. Konan Bédié est passé outre. Cette visite a d'ailleurs provoqué de vives réactions au sein de la communauté Baoulé. D’aucuns l’ont dénoncée et attiré l’attention de Bédié sur la tribalisation du débat politique. Quelle est cette propension pour le "prince Nambè" à tout ramener au village, en l’occurrence Daoukro et périphérie ? Quelle est cette fâcheuse tendance à instrumentaliser la tribu pour asseoir son leadership ? Qui se souvient d'avoir vu Bédié dans d'autres régions de la Côte d'Ivoire depuis plus de 20 ans? Hormis Daoukro, Yamoussoukro et Abidjan, Bédié ne connait véritablement aucune région de la Côte d'Ivoire. Manipulé par des cadres de son parti, qui tirent profit de sa sénilité, Bédié gagnerait à se défaire de sa tunique de leader d’une tribu. Son parti en a déjà payé le prix fort, par le départ de nombreux cadres.

Jean-Baptiste ASSI